Les Britanniques décideront s’ils veulent rester membre ou pas de l’Union européenne (UE) le 23 juin prochain. Malgré elle, la Suisse est devenue le dindon de la farce dans le débat outre-Manche. Elle sert de repoussoir tant au camp du Brexit qu’aux opposants. L’eurosceptique et chef du parti de l’indépendance Nigel Farage cite à tout-va l’exemple de notre pays qui, selon lui, se débrouille à merveille sans être membre de l’UE.

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Bruxelles prend le référendum britannique très au sérieux. Le Brexit, s’il est plébiscité, pourrait déclencher des réactions domino insoupçonnables et miner durablement la construction européenne. C’est dans ce contexte qu’elle a demandé à la Suisse de ne rien entreprendre jusqu’au 23 juin qui puisse apporter de l’eau au moulin du camp du Brexit. Le message a été savamment distillé par les «spin doctors» de la Commission. Lundi dernier, le conseiller fédéral Didier Burkhalter a lui-même laissé entendre que le message était bien reçu.

La Suisse ne reste pas les bras croisés

Mais malgré l’avertissement, la Suisse ne va rester les bras croisés. Après un conclave spécial il y a dix jours, le Conseil fédéral ira de l’avant et présentera, vendredi au Conseil national, son projet de loi sur la mise en œuvre de l’initiative «Non à l’immigration de masse» acceptée le 9 février 2014. Il comportera vraisemblablement une clause de sauvegarde qui permettra d’imposer une limitation quantitative à la libre circulation des travailleurs européens en Suisse. C’est justement ce qui fait rêver le camp du oui au Brexit.

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Ce n’est pas tout. L’ambassadeur Roberto Balzaretti, chef de la Mission suisse auprès de l’UE, accueillera à dîner un groupe de journalistes européens basés à Bruxelles la semaine prochaine. Une activité normale dans le cadre de son mandat mais qui, dans le contexte actuel, revêt d’une tout autre importance. Au menu: les relations Suisse-UE. L’intérêt est vif. Plus particulièrement dans la presse britannique. Même Politico, influent journal en ligne et toujours à l’affût des potins diplomatiques, en a fait une note dans son édition de mercredi. Soit. Après tout, la Suisse n’a pas d’instruction à prendre de Bruxelles.

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