En immobilisant 20 millions d’habitants (dans trois villes) et en annulant les festivités du Nouvel an dans la capitale, Pékin montre sa détermination à agir contre un nouveau coronavirus hautement létal. La leçon désastreuse du SRAS, en 2003, a été retenue. A l’époque, le Parti communiste avait d’abord manœuvré selon son habitude: en imposant le silence – c’est ainsi qu’on règle les crises dans l’empire.

Il avait ainsi fallu plus de trois mois pour que Pékin admette l’ampleur du désastre alors que les morts s’accumulaient à Hongkong, en «zone libre», seul endroit de Chine où l’information circulait. Quelques lanceurs d’alerte, la presse internationale puis l’OMS avaient joué un rôle déterminant pour finalement faire passer le pouvoir chinois à table. Il s’ensuivit une purge politique – autre tradition du parti pour surmonter les crises – et près de 700 morts plus tard, tout était rentré dans l’ordre. L’impact économique fut finalement limité. Mais l’image du pays écornée.