Mais qu’est-ce qu’elles lui trouvent, Ségolène Royal et Valérie Trierweiler? Peut-être que François a le poil de la poitrine tiède, après l’amour, et que c’est particulièrement bon, quand elles posent leur tête dessus? Peut-être que c’est une classique rivalité qui a décuplé leur haine réciproque, l’envie d’être sur la photo officielle, et lui, Hollande, malléable comme un gouda, un vrai mec normal qui laisse faire et qui cause un sacré petschi?

Le petschi, c’est trois nouveaux livres sur la rivalité entre Ségolène (aka la première cocue de France, respect), et Valérie Trierweiler (aka la méchante compagne en titre, hou-hou). On avait bien senti qu’avec DSK, un barrage allait sauter, en matière de pipolitique française. Mais de là à prévoir une telle lessive cracra…

Le peu que j’ai lu de ces livres ne me permet pas de dire si ce qui rend ce tableau si terrifiant, c’est mon regard de macho (les femmes, juste bonnes à se mordre le chignon) ou les faits: une rivalité Ségo-Trierweiler qui n’a cessé de grandir depuis… 1988.

Le magazine Le Nouvel Obs publie des extraits d’un des bouquins, celui intitulé L’Ex. Manœuvres et bras de fer veloutés autour du grassouillet François. Suspense. Un vaudeville. Presque une tragédie, tant les personnages semblent à la limite de l’inceste.

Les commentateurs politiques s’inquiètent de voir la vie privée d’un politicien influencer la conduite de l’Etat. Les sots. Qu’ils relisent Balzac, Homère et Voici, et ils comprendront que la politique est, aussi, affaire de corps et de lit. Les psychophiles relèvent que personne, jamais, n’est normal, et qu’il n’y a que des façades propices au refoulement.

Le plouc que je suis s’étonne: quel rôle François s’est-il attribué dans cet embrougliamini? Celui du Machiavel qui jouit de ce théâtre féminin de la cruauté? Celui d’un Louis XVI dépassé par les événements et écrasé par son Louis XIV tutélaire (alias Mitterrand)? Celui du Narcisse accro à l’admiration qu’on lui porte? Aucune de ces images, en tout cas, ne grandit le Président. Un dégât d’images qui pourrait lui faire presque autant de mal que ses tâtonnements politiques actuels.

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