La vie à 30 ans

Valon Behrami, la «pièce manquante» de Lara Gut

Un nouveau «Traumpaar» est né en Suisse: le footballeur immigré et la skieuse tessinoise. Notre chroniqueuse leur souhaite de vivre leur amour à l’abri des regards

Il s’agit sans doute d’abord d’un problème démographique. Dans un petit pays comme la Suisse, qui plus est multilingue, il n’est pas simple de trouver des couples «emblématiques» et «rassembleurs». Un homme et une femme qui additionneraient ainsi des qualités qui vont de la jeunesse à la célébrité, de la beauté à la sympathie des foules. Il n’y en a pas eu beaucoup, ces dernières années. Roger et Mirka demeurent complètement imbattables dans le genre. Un sondage lancé par 20 minutes révélait d’ailleurs mercredi que le couple Federer sort premier du classement des couples les mieux assortis.

Mirka, la «normale»

Le meilleur joueur de tennis au monde répète à longueur d’interviews qu’il n’y serait jamais arrivé sans elle, ses mines inquiètes au bord du court, la façon dont elle s’occupe de tout: carrière, communication, enfants. En prime, elle n’a rien d’un mannequin que l’on observe si fréquemment au bras des personnalités adulées. Mirka est imparable aussi de normalité, avec ses rondeurs, ses habits chers mais d’un goût toujours parfaitement moyen.

L’autre exemple historique, c’était le rappeur Stress et Mélanie Winiger. Oui, elle était miss et mannequin, mais aussi animatrice, actrice, et forte tronche qui ne s’en laissait pas conter. L’union de la belle et de la bête, du bad boy et de la sulfureuse. Quand ils se séparèrent, ce fut une désolation pour tous les amateurs de la chronique people.

«Ils se comprennent»

Mais il y a un nouvel essai passionnant depuis quelques jours: Valon Behrami, formidable footballeur de notre Nati en train de préparer la Coupe du monde, soudainement en couple et en une des journaux avec la skieuse Lara Gut. Deux sportifs, donc, avec cette idée «qu’ils se comprennent». Qu’ils savent les sacrifices, l’éloignement, l’effort, les doutes. L’enfant de l’immigration réussie et le symbole de la poudreuse: un Swissminiatur moderne à eux deux. Lara Gut en dit des choses simples: «Au cours des dernières années, j’ai souvent eu l’impression qu’il me manquait un morceau. Cet hiver, j’ai découvert quelle était la pièce manquante et cela n’avait rien à voir avec le sport: ça s’appelle l’amour.»

Ah. Encore un peu, et Lara va nous expliquer que si elle a si souvent raté ses rendez-vous avec les médailles, c’était juste parce qu’il lui manquait un baiser de Valon dans le portillon de départ. Je leur souhaite le meilleur, à Lara et Valon, mais surtout de trouver des cachettes, des alcôves, des endroits mieux protégés que les couvertures de journaux ou les réseaux sociaux pour se dire les belles choses. Les vrais serments sont des secrets, les vrais bonheurs se vivent dans l’ombre.


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