Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Le conseiller d’Etat vaudois Pascal Broulis, au centre, avec les conseillères d’Etat, de gauche a droite, Anne-Catherine Lyon, Nuria Gorrite, Jacqueline de Quattro et Béatrice Metraux lors de la présentation des résultats des votations sur la réfo...
© LAURENT GILLIERON

Chronique masquée

Vaud: la coalition de droite à l’épreuve des urnes

La cohabitation entre un Grand conseil vaudois et un Conseil d’Etat de sensibilités politiques différentes a aseptisé les clivages, constate Fabrice Guillot, à un an des élections

Fabrice Guillot, le chroniqueur masqué du «Temps»

«Le Temps» inaugure aujourd'hui une nouvelle chronique signée Fabrice Guillot, un pseudonyme pour ce chroniqueur masqué. Elle portera un regard sans concession sur la politique vaudoise dans la perspective d'élections qui s'annoncent disputées.

Les Vaudois renouvellent leur gouvernement dans un an. Les partis vont bientôt entrer en campagne et tenter de convaincre les électeurs qu’un choix de société les attend. Vraiment? Vous imaginez Pascal Broulis et Pierre-Yves Maillard s’affronter en débat après leur union sacrée autour de RIE III? Ce sera artificiel. La cohabitation entre un Grand conseil et un Conseil d’Etat de sensibilités politiques différentes a aseptisé les clivages. De fait, une coalition centriste gouverne. Et comme il est parfaitement envisageable que les sept membres du collège se représentent, l’élection ne sera rythmée que par les animosités personnelles et quelques coups bas.

Les premières escarmouches ont commencé

Les premières escarmouches ont d’ailleurs commencé. Philippe Leuba s’est fait tancer vertement il y a quelques semaines par ses collègues après la déroute financière de Champions, le spectacle pour les 100 ans du CIO où l’élu PLR, un municipal lausannois et le rédacteur en chef de 24 heures ont joué aux apprentis sorciers en matière de gestion des deniers publics. L’affaire a mis un terme à la longue pratique du Conseil d’Etat de ne pas laver son linge sale en public. Le gouvernement vaudois avait commandé un rapport de son Contrôle cantonal des finances, qu’il avait la possibilité de garder secret. Il a préféré la transparence, ce qui lui a permis de tacler le ministre PLR.

Pour reprendre la majorité en 2017 le PLR doit s’allier avec l’UDC. Quel allié encombrant cette UDC vaudoise! Comme si les querelles autour de quelques-uns de ses ténors, Fabienne Despot et Claude-Alain Voiblet ne suffisaient pas au parti, voilà que Jacques Nicolet, son nouveau président et candidat pressenti pour reprendre le siège de Jean-Claude Mermoud s’emmêle les pinceaux avec la présentation de «la voie du bon sens», programme politique qui doit servir de bible aux élus UDC.

Le président ne contrôle pas ses troupes?

«La voie du bon sens»? Un document improbable où la fessée et le retour des femmes à la maison figurent en bonne place. Face au tollé, notamment chez des élues PLR, la direction du l’UDC a retro-pédalé et s’est excusée sur la forme de son document, pas vraiment sur le fond. Embarrassé, Jacques Nicolet a expliqué à un quotidien vaudois qu’il n’avait pas analysé le document «de fond en comble» avant de le présenter publiquement. Le président ne contrôle pas ses troupes? Aveu quelque peu gênant. Il y aura quelques réglages à faire entre le PLR et l’UDC pour que l’alliance fonctionne.

Chez les roses-verts, le statu quo pourrait être de mise, soit que les quatre sortants se représentent. La droite entend mettre la pression sur Béatrice Métraux, mais l’élue verte peut se targuer de quelques belles réussites, dont ses efforts pour dynamiser la politique du logement.

Personne ne croit au retrait de Pierre-Yves Maillard

Paradoxalement, ce sont les socialistes qui hésitent sur la composition de la liste. Pierre-Yves Maillard n’a toujours pas dit s’il voulait rempiler, mais personne ne croit à son retrait. Anne-Catherine Lyon semble être dans le même état d’esprit, sauf que le PS peut l’en empêcher, en raison de clauses statutaires obscures, qui font que pour deux mois d’écart, Pierre-Yves Maillard aurait le droit de solliciter un nouveau mandat et non sa collègue.

C’est évidemment plus facile, et plus lâche, pour les socialistes vaudois de trancher par un juridisme étroit plutôt que d’ouvrir la discussion sur des bases politiques. Certes, les enseignants sont mécontents de la nouvelle loi scolaire, qui complique l’organisation des classes, et ils n’ont pas le droit de se plaindre publiquement de cette situation, vu la chape de plomb qui existe au DFJC. Mais le PS prendra-t-il le risque de le lancer un nouveau candidat face aux appétits de l’UDC? Question subsidiaire: si les enseignants étaient amenés à trancher entre leur ministre actuelle et un UDC défenseur de l’école de grand-papa, est-ce que la ministre en place n’aurait pas toutes ses chances?

Publicité
Publicité

La dernière vidéo opinions

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

Fumer, c’est aussi dangereux que has been. Pour profiter du goût et des effets du CBD sans se ruiner la santé, mieux vaut passer aux vaporisateurs de cannabis, élégante solution high-tech qui séduit de plus en plus de Suisses. Nous les avons testés

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

n/a
© Gabioud Simon (gam)