«Les Vaudois souffrent de silence, comme s'ils étaient encore soumis à une occupation», diagnostique Michel Thévoz, professeur d'histoire de l'art à l'Université de Lausanne, dans un petit recueil de textes qu'il vient de publier aux Editions Favre, Le syndrome vaudois. C'en est au point que la devise cantonale «Liberté et patrie» doit être, à ses yeux, interprétée comme une dénégation. Avec un humour pince-sans-rire et un sens de l'observation aiguisé et amusé des comportements de ses contemporains, l'ancien conservateur de la Collection de l'art brut joue de la provocation pour proposer un programme politique radical, qui «consisterait à prescrire le symptôme, comme le veulent les nouvelles méthodes psychiatriques»: refaire du canton un bailliage bernois, pour permettre aux Vaudois de choisir enfin, de se libérer et de recouvrer l'usage de la parole, ou assumer leur servitude silencieuse… Nous publions ci-dessous le chapitre sur les conversations météorologiques, cette forme d'autisme parlé qui n'est de loin pas l'apanage des Vaudois, et qui a presque valeur universelle…

LT

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