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Sur un vélo électrique à Genève, le 18 juillet 2012.
© Martial Trezzini/Keystone ©

Du bout du lac

Le vélo électrique n’existe pas

Notre chroniqueur s’attaque à ces dangereux représentants de l’espèce humaine munis d’un moteur sur leur bicyclette

Je ne voulais pas vous en parler. Ou peut-être que je n’osais pas: il peut se révéler extrêmement périlleux, sous nos latitudes, de s’en prendre frontalement à une catégorie d’usagers de la route. Valéry Giscard d’Estaing en sait quelque chose, lui qui a perdu la présidentielle de 1981 pour s’être mis à dos tous les motards de France en leur imposant la vignette. Alors j’ai beau ne pas être président de la République, vous comprendrez que j’aie un peu hésité à vous faire part de ma circonspection (restons prudent dans ce premier paragraphe) face au vélo électrique. Ce serait ballot de se fâcher gratuitement avec les subventionnés de la mobilité douce.

Un tabou brisé

Mais désormais la voie est libre. On peut y aller franco. Mon confrère Thierry Mertenat a brisé le tabou, mercredi dans la Tribune de Genève, merci à lui. Oui, les vélos électriques, ou plutôt ceux qui les montent, sont des dangers publics. Lancés comme des frelons sur les artères plus ou moins piétonnes du pays, les cyclistes à piles sont les nouveaux gangsters du bitume. La conscience écologique tranquille sous leurs casques à visière, ces nouveaux chauffards bios défient notre insouciance à 50 km/h, les écouteurs profondément enfoncés dans les oreilles. Sans crier gare, ils surgissent, slaloment, frôlent et s’en moquent. Avec toute la morgue qui caractérise ceux qui se sentent dans l’air du temps.

Un enzyme perturbateur

Nous savions déjà tous que le plus doux des agneaux devient un dangereux psychopathe à l’instant même où il s’installe derrière le volant d’une voiture. C’est comme ça, c’est la règle, c’est biologique. Nous découvrons aujourd’hui que monter sur un vélo électrique libère le même enzyme perturbateur. Quelques volts pour entraîner sa roue arrière, et Sœur Sourire se transforme en Freddy Krueger. Automatiquement.

Alors, au nom de tous ceux qui ont encore le goût de l’effort, le mollet courbaturé et la pédale organique, permettez-moi d’adresser ce message aux flemmards inconscients: non, vous n’êtes pas des cyclistes. N’insistez pas, vous ne le serez jamais. Et si vous ne me croyez pas, retournez-vous: vous avez des plaques jaunes. D’ailleurs, vos vélos électriques ne sont pas des vélos. Non mais qu’est-ce que c’est que cette escroquerie? Un vélo à essence, c’est un vélomoteur, non? Bon, alors un vélo électrique, c’est pareil. C’est un vélomoteur. Que le moteur soit électrique ou à explosion ne change rien à l’affaire. Le vélo électrique, ça n’existe pas.

Voilà. C’est dit. Je viens de perdre pour de bon une partie substantielle de mon lectorat, mais peu importe. La vérité, ça soulage. D’ailleurs, je crois que je ne vais pas tarder à vous dire ce que je pense de la trottinette. Vous ne roulez pas en trottinette, rassurez-moi?


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Merci Monsieur Maudet

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