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Si l’internaute vend ses données à un fournisseur de services, il n’aura sans doute plus aucun moyen de contrôler ce que cette entreprise en fera.
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Éditorial

Vendre nos données, une fausse bonne idée

EDITORIAL. Le think tank libéral français Génération libre propose de permettre aux internautes de faire payer leurs données. Tant la FRC qu’economiesuisse s’y opposent, pour des raisons différentes

Vendre ses données à Google, Facebook ou Snapchat? Sur le papier, l’idée est extrêmement séduisante. Ces géants de la technologie gagnent des milliards de dollars en exploitant des informations mises à disposition gratuitement par des millions d’internautes, que ce soit via leur smartphone ou leur ordinateur. Et même parfois sans que ces utilisateurs soient pleinement conscients des informations précieuses qu’ils leur fournissent. Il est donc temps de faire payer ces entreprises, comme le suggérait récemment le groupe de réflexion français Génération libre.

Lire aussi: Et si nous vendions nos données?

Cette idée de prime abord intéressante risque en réalité de créer une situation pire encore que celle qui prévaut aujourd’hui. Car si l’internaute vend ses données à un fournisseur de services, il n’aura sans doute plus aucun moyen de contrôler ce que cette entreprise en fera. Et surtout à qui elle les revendra par la suite. On risque ainsi de se retrouver dans une situation proche de celle qui existe aux Etats-Unis, où les internautes, et même les simples utilisateurs de cartes de crédit, acceptent docilement – sans en réalité en avoir le choix – que leurs informations soient analysées, revendues et exploitées par des entreprises avec lesquelles ils n’ont aucun contrat.

A quel prix?

Qui dit vente de données suppose perte totale de maîtrise sur celles-ci. Et, au final, avec quel bénéfice pour l’internaute? Génération libre se garde d’articuler un chiffre. En début d’année, l’ancien député socialiste Julien Dray évoquait le montant de 50 000 euros que Google, Amazon, Facebook et Apple verseraient à chaque Français atteignant l’âge de 18 ans. Voilà qui semble bien peu réaliste et impossible à mettre en œuvre. Il serait préférable – mais les lignes bougent trop lentement dans ce dossier majeur – que les entreprises technologiques voient déjà leurs bénéfices taxés de manière juste dans chaque pays, et sans dumping exacerbé entre Etats.

Lire également: Aux Etats-Unis, les données personnelles sont une marchandise comme les autres

Difficile d’un point de vue quasi philosophique, impossible du point de vue pratique, l’idée de vendre des données à Facebook ou Google ne doit pas faire oublier que ces entreprises fournissent, en échange, des services précis et précieux. Alors autant encadrer leurs activités de manière claire, comme le prévoit, en Europe, le futur Règlement général sur la protection des données, applicable dès le 25 mai.

Responsabilité individuelle

Ce règlement européen, dont la Suisse s’inspirera en grande partie pour sa nouvelle loi sur les données, aura le mérite d’imposer, sur le continent, les mêmes règles aux géants américains actifs ici. Mais une loi ne fera pas tout. Les internautes doivent être, individuellement, conscients de toutes les données qu’ils livrent en permanence à ces sociétés et les restreindre au maximum. Mais cela suppose un niveau de connaissances numériques toujours plus élevé…

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