Revue de presse

Véronique Sanson à 70 ans, «une vraie de vraie survivante»

Elle «refait» le Palais des sports dès ce mercredi soir d’anniversaire. Après bientôt cinquante ans de carrière, de galères et de bonheur absolu en scène, l’«Amoureuse» de 1972 est toujours là, et elle assure!

Dans une interview donnée à Libération ce mardi et très largement reprise un peu partout sur le Net qu’elle colonise ces jours-ci, elle a avoué qu’elle pouvait «tout à fait faire semblant d’aller très bien»: «Quand j’entre sur scène, c’est comme une forme de schizophrénie totale. C’est extrêmement prétentieux d’y aller, d’ailleurs, de demander «aimez-moi» ou «regardez ce que je sais faire, et comme je suis bien». J’y suis chez moi, et personne ne peut me faire chier. Les douleurs, les rages de dents, ou je ne sais pas quoi… tout disparaît.»

Elle est tout entière dans ces mots-là, Véronique Sanson, qui entre ce 24 avril 2019 dans sa huitième décennie de vie, elle qui a vu le jour en 1949 à Boulogne-Billancourt et qui, vingt-deux ans plus tard, signait chez WEA, une des premières majors du disque, repérée par un certain Michel Berger, alors directeur artistique de la maison. En 1972, quelques mois après, elle est révélée par son premier album, Amoureuse: un public lassé des yé-yé découvre une auteure-compositrice et pianiste qui chante des textes originaux, sur des musiques nouvelles aux arrangements très anglo-saxons. Le succès est immédiat, tant en France, en Belgique et en Suisse qu’au Canada.

Quelques articles sur elle publiés  dans «Le Temps» depuis 1999

Tout a été écrit, ou presque, sur elle. Sur son talent unique, ses dérives, ses douleurs, ses amours, ses éternels retours triomphaux, sa carrière bientôt jubilaire, sa méningite de jeunesse, le paquet de clopes qu’elle a prétexté aller acheter pour fuir le Berger et se jeter dans les bras du Stills américain, son cancer, son piano, ses mèches qu’elle jette furieusement en arrière comme son poignet gauche sur le clavier. Et sur ses fans, aussi d’un rare absolutisme, qui, au fil des années, ont migré sur Facebook, Instagram ou Twitter. Parmi eux, la journaliste et photographe Sandrine Cohen, qui a beaucoup travaillé pour les médias romands au tournant du siècle et dont on mesure toute l’admiration qu’elle voue à l’interprète de Bahia dans… sa nécrologie de Michel Berger:

Sur son site internet, il y a même un onglet à son étoile dédié, avec des images qui respirent l’intériorité, mais aussi l’inquiétude, ou le bonheur d’une personnalité à mille facettes que découvre une nouvelle génération de chanteurs francophones, souvent intimidés par le phénix qui renaît toujours de ses cendres consumées dans les galères et les excès de «jus d’orange à la cocaïne», d’alcools divers aujourd’hui abandonnés pour survivre:

A vrai dire, «je ne pensais pas arriver à 70 ans, […] je suis une vraie de vraie survivante», confie au Parisien celle qui s’apprête à «refaire» le Palais des sports en cette fin de semaine, puis à repartir en tournée. En attendant, se souvient-elle aussi, «je n’ai jamais aimé les contraintes, les interdits, les tabous, le conformisme. J’ai toujours fait le contraire de ce qu’on me disait. Je me suis mise en danger, mais j’adore le danger. Le cancer est un danger comme un autre. Vous allez me trouver dingue, mais j’ai été insouciante de ça. J’ai fait ce qu’on m’a dit de faire pour guérir, mais comme si de rien n’était.» Comme après avoir «forcé sa voix à vibrer à la croche au début de sa carrière», elle a décidé «de s’en détacher», explique-t-elle à France Bleu.

Dans tout ce parcours retracé en photos par Le Journal des femmes, il y a beaucoup de ferveur familiale, lit-on dans le Journal du dimanche: «Leurs parents, anciens résistants, leur ont donné un prénom avec l’initiale de la victoire. Violaine, née en 1947, et Véronique, en 1949, ont deux ans d’écart mais se ressemblent comme des jumelles. Les sœurs Sanson ne se sont quasiment jamais quittées ­depuis l’enfance. Violaine, l’aînée saine et ordonnée, a mené une brillante carrière dans la publicité tout en veillant sur sa cadette, qui a parfois dansé au bord du gouffre. C’est elle qui manage aujourd’hui sa carrière.»

Et il y a les hommes, Berger, Stills, l’actuel Henri, et encore, le plus improbable, raconté par Femme actuelle. C’est celle avec qui «j’ai cru que je pouvais vivre une belle histoire d’amour hétérosexuelle. Avec elle, je suis allé au bout de l’aventure.» C’est en ces termes que Pierre Palmade parlait de son histoire d’amour avec Véronique Sanson, dans un documentaire que Mireille Dumas avait consacré à leur couple en 2015 sur France 3.» Ils se marièrent, cela a duré six ans.

Des années plus tard, la septuagénaire ajoute, à la fin d’une interview donnée à Paris Match: «J’aurais dû mourir mille fois, dans des accidents de bagnole, dans toutes les grosses bêtises que j’ai faites dans ma vie, les bringues, les javas…» Mais non. «Véronique Sanson est toujours là et assure.»

D’ailleurs, «il y a quelques mois, elle revisitait son répertoire dans Duos volatils, en compagnie d’artistes comme Alain Souchon, Vianney, Julien Doré ou Juliette Armanet». Véronique Sanson était l’invitée d’Augustin Trapenard sur France Inter la semaine dernière, et elle qui prétend «ne pas savoir parler mais seulement chanter» y a dit, d’une voix pour une fois sûre et comme ressuscitée d’entre tous les traquenards de la vie, de très belles choses…


  • Télévision: ce vendredi 26 avril à 21h, elle sera au centre d’une émission de France 3 présentée par Stéphane Bern et taillée sur mesure: «Bon anniversaire Véronique Sanson».
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