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Jeune libanais de 15 ans dans un centre de réfugiés. Clausnitz, Allemagne, novembre 2016.
© ROBERT MICHAEL/AFP PHOTO

Lettre ouverte

Vers un nouveau pacte mondial sur la migration

OPINION. Cette année, les gouvernements négocieront, sous les auspices des Nations unies, un pacte mondial sur les migrations, premier grand accord international du genre, annonce le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres

La migration suscite la croissance économique, réduit les inégalités et crée des liens entre sociétés diverses. Pourtant, elle est aussi à l’origine de tensions politiques et de tragédies humaines. La plupart des migrants vivent et travaillent en toute légalité. Mais, poussés par le désespoir, une minorité d’entre eux mettent leur vie en péril pour entrer dans des pays où ils s’exposent à la méfiance et à la maltraitance.

Il y a fort à parier que les pressions démographiques et l’incidence des changements climatiques provoqueront d’autres migrations dans les années à venir. Voulons-nous faire de la migration une source de prospérité et de solidarité internationale ou y voir un facteur de déshumanisation et de tension sociale? Cette année, les gouvernements négocieront, sous les auspices des Nations unies, un pacte mondial sur les migrations, premier grand accord international du genre.

Il ne s’agira pas d’un traité formel et il n’imposera pas d’obligations contraignantes aux Etats. Il fournira plutôt aux dirigeants une occasion sans précédent de briser les mythes pernicieux entourant les migrants et de définir une vision commune de la manière dont les migrations peuvent fonctionner pour tous.

La contribution des migrants

Il n’y a pas de temps à perdre. Les récentes vidéos montrant la vente de migrants comme esclaves nous ont prouvé ce qui peut arriver lorsque les migrations à grande échelle ne sont pas gérées efficacement. Pour mettre un terme à ces injustices et empêcher qu’elles ne se reproduisent, notre réflexion doit se fonder sur trois considérations indispensables.

La première: reconnaître et mettre en évidence les avantages des migrations, si souvent passés sous silence dans les débats publics. La contribution des migrants est pourtant considérable à la fois pour leur pays d’accueil et leur pays d’origine. Ils acceptent les emplois que les mains-d’œuvre locales ne peuvent assumer.

Beaucoup sont des innovateurs et entrepreneurs. Les migrants apportent également une contribution majeure au développement international en envoyant dans leur pays d’origine des fonds qui représentaient l’an dernier trois fois le montant total de l’aide au développement. La grande difficulté consiste à tirer le meilleur parti des migrations, tout en éradiquant les exactions et les préjugés qui empoisonnent la vie d’une minorité de migrants.

Les déplacements massifs et désordonnés dans des situations désespérées donnent à croire que les frontières sont menacées et que la situation échappe aux Etats

Deuxièmement, les Etats doivent veiller à rendre conformes à l’état de droit les méthodes qu’ils utilisent pour gérer les migrations et protéger les migrants. Les autorités qui érigent des obstacles majeurs à la migration ou restreignent les opportunités de travail pour les migrants s’infligent un préjudice économique inutile et peuvent même encourager sans le vouloir la migration illicite. Privés de voies licites, ceux qui veulent émigrer n’ont souvent d’autre choix que de recourir à des moyens clandestins.

Cela les place en situation de vulnérabilité, et porte atteinte à l’autorité de l’Etat. Il convient donc pour les Etats de mettre en place davantage de voies de migration licites et de collaborer plus étroitement pour partager les avantages des migrations, y compris par des partenariats permettant de déceler les besoins de tel pays qui pourrait être comblé par les migrants en provenance de tel autre.

Troisièmement, il faut resserrer la coopération internationale pour protéger les réfugiés et les migrants vulnérables, et il nous faut rétablir l’intégrité du régime de protection des réfugiés, conformément au droit international. Le sort des milliers de personnes qui périssent en tentant de franchir une mer ou un désert n’est pas seulement une tragédie humaine. Les déplacements massifs et désordonnés dans des situations désespérées donnent à croire que les frontières sont menacées et que la situation échappe aux Etats. Il s’ensuit un renforcement draconien des contrôles frontaliers, qui met à mal nos valeurs communes et contribue à perpétuer les tragédies.

Les mesures urgentes à prendre

Nous devons prendre des mesures urgentes pour aider ceux qui sont actuellement enfermés dans des camps de transit ou qui sont maltraités, que ce soit en Afrique du Nord ou en Amérique centrale. Une action ambitieuse doit être envisagée pour réinstaller ceux qui n’ont nulle part où aller.

Nous devons aussi prendre les mesures voulues, dans le cadre de l’aide au développement, de l’atténuation des changements climatiques et de la prévention des conflits, pour éviter à l’avenir ces vastes mouvements désordonnés de population. La migration ne devrait pas être synonyme de souffrance.

Il est en notre pouvoir d’instaurer un monde dans lequel nous pouvons nous féliciter de l’apport des migrations. Cette année peut poser un jalon sur la voie de la mise à profit des migrations pour tous.

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