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Le président français, Emmanuel Macron, rencontre une équipe de basketball au Nigéria, juillet 2018.
© Ludovic Marin/AFP Photo/Pool ©

Éditorial

Vers une Macronie vert-libérale

EDITORIAL. Le plan français sur la biodiversité adopté mercredi n’est pas qu’un nouveau catalogue de mesures. Pour se relancer et rassembler, Emmanuel Macron compte bien en faire un thème porteur de son quinquennat

En juin 2020, la France accueillera à Marseille le congrès de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), dont le quartier général se trouve à Gland (VD). A côté d’échéances politiques clés, comme les élections européennes de mai 2019 et les municipales de mars 2020, ce grand raout des spécialistes mondiaux de la biodiversité et des espèces menacées paraît presque folklorique.

Or rien n’est moins sûr. Pour Emmanuel Macron, résolu depuis son accession à l’Elysée à défendre par tous les moyens l’Accord de Paris sur le climat, signé à l’issue de la COP21 de décembre 2015, ce rendez-vous aura valeur de vitrine. D’autant que, trois ans pile après son élection, le président français aura besoin d’un affichage et d’un message rassembleur pour la seconde partie de son quinquennat.

C’est dans cette optique qu’il faut placer l’adoption, mercredi, du plan interministériel français sur la biodiversité. Fort de 90 mesures, autour de six axes «stratégiques» – parmi lesquels la lutte contre la bétonisation des sols, le rejet de «zéro plastique en mer» et la création de nouveaux parcs naturels –, ce chantier législatif n’est pas qu’une succession d’annonces concoctées par Nicolas Hulot.

Très discret, pris dans l’ouragan médiatique à propos des accusations de harcèlement sexuel qu’il nie en bloc, le ministre de la Transition écologique a convaincu Emmanuel Macron que la défense de la nature, la lutte contre le réchauffement de la planète et le combat contre la pollution sont des thèmes compatibles avec l’exigence de redressement économique et d’attractivité pour les investisseurs.

A sa manière, l’ancien animateur TV a installé, au sein de la Macronie tirée vers la droite par la réduction des dépenses publiques, une disruption «vert-libérale». Avec l’idée que le donnant-donnant ne doit pas être seulement social, mais également environnemental. Lors de son discours annuel le 9 juillet devant le parlement français réuni en congrès à Versailles, le chef de l’Etat devrait du reste revendiquer cette orientation, tout en défendant par ailleurs l’idée d’une remise à plat de la filière nucléaire, qui produit 70% de l’électricité hexagonale. La déroute politique des Verts français lui offre de ce point de vue un boulevard.

Cet argument de la biodiversité a en plus un avantage: il peut permettre à Emmanuel Macron de conforter ses alliances diplomatiques, en particulier avec la Chine, où la pollution industrielle est un fléau. Il peut aussi réconcilier les Européens autour d’objectifs d’avenir à un moment où, sur presque tous les autres dossiers, l’heure est aux divisions acrimonieuses qui empoisonnent le climat communautaire.

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