Les Etats européens sont au défi de décider ce qu’est une production «verte». Le nucléaire en est-il une? Et le gaz? On est prié de ne pas rire, la question est grave. Aujourd’hui mercredi, la Commission européenne doit publier sa «taxonomie» pour une finance durable, une liste des technologies propres dans lesquelles les placements financiers pourront être labélisés «verts», c’est-à-dire conformes aux buts environnementaux fixés par l’Union.

Les activités du transport, de la construction, de l’industrie sont ainsi analysées sous l’angle de leurs émissions de gaz à effet de serre. Une cimenterie n’est «verte» qu’à condition de ne pas dépasser 0,72 tonne de CO2 par tonne de clinker produite. Un investissement dans une usine automobile est dit «durable» si les véhicules fabriqués jusqu’en 2025 émettent moins de 50 g de CO2 par kilomètre. Après 2025, la norme sera de zéro émission. Pour chaque secteur, les négociations ont été lentes et difficiles. La gestion des forêts ou les bioénergies ont soulevé des polémiques à la limite de la rupture. Mais finalement, une liste sort. Pour progresser vers le vert dont elle se veut championne, l’Union doit mobiliser 4500 milliards d’euros d’ici à 2030.