Pauvre planète Terre! Subissant déjà la crise climatique, la voilà à présent ensevelie sous une montagne de plastique. Bien que les effets exacts de la pollution mondiale par les plastiques demeurent méconnus, il ne fait aucun doute que la menace qu’elle fait peser sur les océans, garde-mangers planétaires, est bien réelle. Pire, les déchets se répandent dans la nature à une vitesse telle que les efforts actuellement déployés restent vains.

Tels sont les enseignements d’une étude qui fera date, un «GIEC du plastique», grand état des lieux doublé d’une analyse prospective sur cette pollution que le monde découvre avec effroi. Les scientifiques disent qu’il y aura 710 millions de tonnes de plastique dans l’environnement d’ici à 2040, dont 250 millions dans les eaux et 460 sur la terre ferme, si l’on s’oriente vers un hypothétique scénario optimiste. Et sans doute bien plus si l’on s’en tient aux efforts actuels.

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Il existe heureusement des leviers à activer pour lutter immédiatement contre cette pollution. A commencer par les plastiques jetables à usage unique, des cotons-tiges aux barquettes alimentaires, si pratiques pour la pause de midi. Réduire leur utilisation est une urgence absolue.

Autre levier, autre aberration: l’envoi des déchets plastiques occidentaux dans des pays du Sud, aux infrastructures rudimentaires. Déchets qui, une fois traités, sont retournés à l’envoyeur, car ce tour du monde qui émet du CO2 et du plastique coûte moins cher que de tout traiter localement. Faire sortir la gestion des déchets de plastique de la logique du libre marché ne sera pas une mince affaire.

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Plus récemment identifiée comme l’une des contributrices majeures à la pollution aux microplastiques, l’usure des pneus, des freins et des revêtements routiers demandera bien plus qu’un levier à actionner: c’est tout le système, notamment la place de la voiture individuelle, qu’il faudra réinventer.

Cela fait beaucoup de vertiges, et c’est pourquoi les scientifiques appellent à une mobilisation générale. Laisser les industriels à la manœuvre dans cette crise, comme c’est le cas en Suisse, ne suffira pas. Seule une action substantielle et immédiate impliquant tous les acteurs a des chances d’aboutir.