Au cours des vingt dernières années, l’ASEM - le dialogue Asie-Europe – est devenu un espace de dialogue fondamental entre l’Asie et l’Europe, en matière de politique étrangère. Aujourd’hui, c’est un forum important qui permet aux différentes parties prenantes de se réunir pour façonner ensemble le processus de mondialisation sur le continent eurasiatique, un processus sur lequel nous pouvons tous agir. Les conférences de l’ASEM, qu’elles se déroulent au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement ou au niveau des hauts fonctionnaires, offrent également un cadre propice aux réunions bilatérales, qui permettent de renforcer les relations bilatérales avec les pays partenaires et de progresser sur des questions d’intérêt commun. La célébration du 20e anniversaire de l’ASEM contribuera à accroître la visibilité de ce forum auprès du grand public.

La prochaine étape de l’ASEM

Quelle est la prochaine étape pour l’ASEM? L’ASEM doit-il rester un forum non contraignant ou est-il appelé à devenir un jour un vaste espace économique qui s’étendrait de Lisbonne à Tokyo et de Dublin à Wellington? Les nouveaux processus, grâce auxquels l’ASEM pourra produire des résultats plus tangibles et générer ainsi des effets positifs sur la vie des citoyens, figureront en tête de l’ordre du jour du 11e sommet de l’ASEM, qui aura lieu à Oulan-Bator du 15 au 16 juillet 2016.

Un organisme peu connu du grand public

Ces discussions sont d’autant plus importantes et légitimes que l’ASEM est peu connu du grand public. Il existe d’autres organisations que l’ASEM, comme l’Organisation mondiale du commerce (OMC), l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ou la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (BAII, dont la Mongolie et la Suisse sont devenues membres), qui sont mieux connues et dont les résultats se perçoivent peut-être plus directement. Il n’est pas question pour l’ASEM de reproduire leur travail mais plutôt de se concentrer sur les espaces non couverts par le système international, autrement dit sur les échanges et les liens réciproques entre les différentes composantes de la communauté internationale.

L’ASEM possède une valeur ajoutée, puisqu’il offre aux pays d’Asie et d’Europe la possibilité de trouver un terrain d’entente, de renforcer leurs relations mutuelles et de parvenir ainsi à une meilleure compréhension des questions qui les préoccupent.

Les aspects à améliorer

L’ASEM est un forum de choix pour promouvoir un dialogue politique ouvert et constructif entre des partenaires asiatiques et européens, sur des enjeux mondiaux comme le commerce et l’économie, le développement durable, la stabilité et la paix. Ce forum renforce également les relations entre les chefs d’Etat et de gouvernement, ce qui facilite les contacts bilatéraux et contribue à créer à l’échelle internationale des conditions favorables à la paix et à la prospérité. Un tel processus n’a jamais été aussi important qu’aujourd’hui. Nous sommes confrontés à de nombreuses crises et défis. Les normes actuelles et les structures normatives font l’objet d’une remise en question mais étant donné le nombre d’acteurs impliqués, il est difficile de parvenir à des solutions coopératives, d’autant que les organisations de la gouvernance mondiale ne sont pas toujours en mesure d’intervenir. C’est pourquoi des forums comme l’ASEM ont une telle importance. Il reste néanmoins quelques aspects à améliorer, par exemple promouvoir des projets concrets qui profiteront aux citoyens d’Asie et d’Europe ou consolider la culture du dialogue au sein de l’ASEM. Un partenariat renforcé, une connectivité accrue, une coopération plus ciblée entre les Etats membres de l’ASEM, une amélioration des méthodes de travail: tels sont les points essentiels qui permettront à l’ASEM d’aborder la prochaine décennie dans les meilleures conditions.

La Mongolie et la Suisse

Depuis qu’elles ont rejoint l’ASEM, la Mongolie et la Suisse se sont distinguées dans leur rôle de trait d’union actif et novateur. L’ASEM est un élément important des stratégies de politique étrangères adoptées par les deux pays pour promouvoir les relations entre les Etats asiatiques et européens. Il offre à la Mongolie et à la Suisse des opportunités additionnelles de débattre de ce qu’est un Etat neutre et d’explorer les différentes façons de jeter des passerelles. La Mongolie et la Suisse s’emploient à diffuser des idées novatrices et impartiales sur leurs continents et au sein des processus de l’ASEM. En s’impliquant dans l’ASEM, la Mongolie et la Suisse témoignent de leur attachement aux valeurs universelles que sont les bonnes relations, le multilatéralisme, la primauté du droit sur la force et une politique étrangère axée sur le compromis et la médiation.

La lutte contre la traite des êtres humains

Tout en participant aux conférences de l’ASEM, la Mongolie et la Suisse réalisent toutes deux des projets avec d’autres Etats membres ainsi qu’avec la Fondation Asie-Europe (ASEF). Leur objectif est d’accomplir, à travers le dialogue, des progrès réels qui influenceront de manière positive la vie de nos concitoyens. C’est ainsi qu’en novembre 2015, la Suisse a accueilli à Montreux le 15e séminaire informel de l’ASEM sur les droits de l’homme, destiné à promouvoir la coopération entre les acteurs de la société civile, les responsables de police et les gouvernements des Etats membres de l’ASEM dans la lutte contre la traite des êtres humains. La Mongolie a quant à elle accueilli en mai 2015 un séminaire de l’ASEM sur les énergies renouvelables et elle organisera en 2016 avec la Chine une formation sur la sécurité alimentaire à l’intention des agriculteurs. Ces événements visent à développer la coopération entre les partenaires intéressés de l’ASEM sur des thèmes importants. Cette année, lors du sommet de l’ASEM, la Mongolie et la Suisse manifesteront leur soutien à la jeunesse en participant au financement du «modèle ASEM", une simulation du sommet organisée par l’ASEF à l’intention d’étudiants asiatiques et européens; car il ne faut pas perdre de vue que la jeunesse incarne notre avenir. L’objectif de ce projet est d’offrir aux nouvelles générations une plateforme leur permettant de présenter aux chefs d’Etat des perspectives et idées innovantes.

La société civile et la jeunesse devraient être davantage impliquées

Pour aider l’ASEM à apporter une valeur ajoutée dans les relations entre l’Asie et l’Europe au cours des décennies à venir, la Mongolie et la Suisse accorderont une plus grande attention au rôle de l’ASEM comme forum de dialogue politique, de coopération économique et d’échange culturel. La société civile et la jeunesse des deux continents devraient être davantage impliquées dans les conférences de l’ASEM. Grâce à toutes ces démarches, l’ASEM pourra continuer, dans les deux prochaines décennies et au-delà, à exercer une fonction qui serait sinon délaissée par le réseau des organisations interrégionales et internationales, celle d’un trait d’union entre l’Asie et l’Europe, qui favorise la stabilité et la prospérité, dans l’intérêt de nos concitoyens.



Dialogue Asie-Europe (ASEM)

L’ASEM a été lancé officiellement le 1er mars 1996, lors d’un premier sommet à Bangkok. A l’heure actuelle, l’ASEM compte 53 membres. Le groupe européen comprend les 28 Etats de l’UE, l’UE, la Norvège et la Suisse. Le groupe asiatique comprend la Russie, le Kazakhstan, le Pakistan, l’Inde, le Bangladesh, la Mongolie, la Chine, la Corée du Sud, le Japon, les dix pays de l’ANASE, le secrétariat de l’ANASE, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. La Mongolie a rejoint l’ASEM en 2008, la Suisse est devenue membre en 2012.

Pour plus d’informations, consulter le site suivant: http://www.aseminfoboard.org/

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