Avec cette chronique, cela fait exactement vingt ans que je retrouve les lecteurs du Temps chaque semaine, mis à part les inévitables périodes de vacances. Le journal lui-même n’avait que 1 an lorsqu’on m’a demandé si j’étais d’accord d’y écrire un édito chaque semaine, sans doute en raison des idées que j’avais publiquement défendues au moment où le canton de Vaud décidait de se doter d’une nouvelle Constitution. Mon engagement avait alors mené à rédiger de toutes pièces un projet de charte fondamentale avec quelques amis de la droite vaudoise.

Ma toute première intervention, un peu maladroite à la relire aujourd’hui, concernait le discours du 1er août 1999 d’un conseiller fédéral qui achevait sa harangue sur cette affirmation prémonitoire: «Quand je vois l’optimisme créateur qui anime celles et ceux qui préparent l’Expo.01, je me dis que la Suisse a tout pour réussir son entrée dans le XXIe siècle.» Compte tenu des malencontreuses péripéties qui ont émaillé cette manifestation au point qu’elle est devenue Expo.02, nous tairons le nom de ce redoutable visionnaire… Pourtant, hormis la comparaison hasardeuse, il devinait que la Suisse tiendrait honorablement sa place dans le nouveau siècle comme elle l’avait déjà fait lors du précédent, la stabilité et la résilience caractérisant son ADN national.