Aldo Brina est chargé d’information sur l’asile au Centre social protestant et auteur des «Chroniques de l’asile» (Labor et Fides, 2020). 

Les médias ont récemment mis au jour les violences ayant cours dans les centres fédéraux dits d’«asile»*: des agents de sécurité violents, des rapports truqués pour justifier de futures interventions musclées, un recours à des cellules d’isolement qui n’est pas cadré par la loi.

En réponse, le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) joue sa partition: commandes d’enquêtes et d’audits, promesses de sanctions, suspension d’agents de sécurité (ça n’a jamais coûté grand-chose de licencier de la main-d’œuvre peu qualifiée en l’accusant de tous les maux). Le SEM rappelle aussi qu’il concocte un plan de prévention de la violence. Et bientôt un plan de prévention du suicide… En effet, le SEM a lancé un appel d’offres qui révèle qu’«en raison d’événements récents et réguliers (tentatives de suicide, suicides ou automutilations), la Région romande a perçu le besoin de développer les processus en vigueur quant à la prise en charge des requérants dans ses centres. Si les suicides sont relativement rares (1 à 2 cas par année), les tentatives de suicide et les automutilations sont fréquentes (jusqu’à plusieurs fois par semaine) […]». C’est effrayant.