On dit qu’un nouveau-né sait reconnaître un sourire au bout de quelques heures. C’est peut-être la raison pour laquelle il nous restera en mémoire de la crise du Covid-19 quelques visages particulièrement marquants. Au premier rang desquels ceux de tous ces soignants dont les selfies témoignent des stigmates de la lutte qu’ils mènent pour réconforter leurs patients. Envoyés du monde entier, ces clichés nous submergent. Que ces médecins, infirmiers ou personnel de ménage d’hôpital œuvrent depuis Wuhan, Paris, Nyon ou New York, peu importe. C’est désormais un seul même visage familier pour toute la planète, un symbole du sursaut face à la pandémie.

Il y a aussi ces visages masqués, tellement exotiques pour les Occidentaux, nous qui – par manque d’habitude – avons cette limitation à bien comprendre quelqu’un qui nous parle avec la moitié de la face recouverte. En Asie, plus personne n’a de difficultés à «lire» les yeux d’un interlocuteur masqué. Ici, enlevez ce sens et c’est comme si le son de la conversation se trouvait désynchronisé.