Les herbes hautes prennent le dessus sur les ceps. Aux abords du bisse de Lentine, qui sillonne le vignoble surplombant Sion, de nombreuses vignes sont à l’abandon. La vision frappe les esprits, loin des belles images des vignobles en terrasses. Sorte d’allégorie des difficultés qui frappent la viticulture valaisanne, qui fait intrinsèquement partie de l’ADN du canton.

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Cette réalité, l’Etat du Valais en a conscience. Il entend investir des montants importants pour moderniser le vignoble et permettre à la branche d’avoir un avenir. Mais seul, bien qu’étant le plus grand canton viticole de Suisse, le Valais n’y arrivera pas. La Confédération doit intervenir, son aide est nécessaire. Pas seulement pour le Valais, mais pour la vitiviniculture suisse dans son ensemble. Le hic? Au Röstigraben se superpose un «Weingraben».

Sous la coupole fédérale, où les élus sont souvent prompts à soutenir l’agriculture traditionnelle, la majorité des objets qui ont trait à la viticulture sont rejetés. Le vin ne faisant pas – ou peu – partie du patrimoine alémanique, les représentants de la Suisse alémanique aux Chambres fédérales sont moins sensibles à la thématique. Et même lorsque le oui l’emporte, il est porté par les parlementaires latins. En juin, 82% des élus romands et tessinois présents lors du vote ont accepté l’augmentation des moyens financiers destinés à la promotion des vins suisses. Ils n’étaient que 38% d’Alémaniques à presser sur la touche verte.

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Alors que les pays voisins n’hésitent pas à investir massivement pour soutenir leur production, la Suisse ne peut attendre pour agir. Même si la vitiviniculture ne progresse que lentement en Suisse alémanique (son vignoble représentait 17,9% des vignes suisses en 2021, contre 17,6% en 2012), les élus d’outre-Sarine doivent entendre les signaux d’alerte lancés par la branche. Ne pas le faire, c’est lui promettre des décennies compliquées, sans garantie qu’elle survive à terme. Et accepter que l’on consomme toujours plus de vins étrangers, à l’heure où tout le monde appelle à consommer local…

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