Pour Oskar Freysinger, le premier tour des élections en Valais a tourné à l’humiliation avec une médiocre sixième place. Sur les réseaux sociaux, la défaite du tribun UDC, meilleur élu il y a quatre ans, est perçue comme un juste retour de bâton. Polémiques à répétition, choix critiqués et moult dérapages ont fortement ébranlé la cote du patron de l’Education valaisanne. Le mouvement citoyen «Coupons-lui la queue», rebaptisé «Coupons-lui la voie», a sans doute contribué à causer la débâcle. La manifestation pour dénoncer une campagne d’affichage jugée mensongère et xénophobe aussi.

Lire aussi:  Les Valaisans sanctionnent Oskar Freysinger

Au terme d’une campagne très agressive, le débriefing des résultats reste lui aussi virulent. «Beaucoup de paroles. Pas grand-chose de concret dans son action. Dehors», lâche Eric Moreau sur la page Facebook du Temps. Pour @_mmmmmo, cette sanction dans les urnes est «un électrochoc comparable à un défilé de burkinis à Ecône». On imagine la scène. Une chose est sûre, «les Valaisans ne veulent vraiment plus du loup», note encore Christian Motte.

Socialistes réjouis

Avec la déculottée de l’UDC, les candidats socialistes se distinguent. «Stéphane #Rossini passe cinquième au nez et à la queue-de-cheval de #Freysinger! #VS17», salue @TristanNils. «Si j’ai bien compris, #Freysinger a réussi un seul truc en 4 ans: rendre réelle la possibilité d’un 2e socialiste au Conseil d’Etat», tweete la conseillère municipale socialiste en Ville de Genève Olga Baranova. Et le président du parti, Christian Levrat, enfonce le clou avec ironie. «Allez mes amis, allez! Ni droite, ni gauche, la raison d’abord!»

Sur Twitter, les railleries n’en finissent plus. «Après sa défaite aux élections valaisannes, Oskar Freysinger hésite encore entre composer une chanson ou écrire un poème», se réjouit le compte parodique @UnionDesCons, en référence à l’intermède musical valaisan «Les oiseaux de chez moi», interprété à la guitare par le conseiller d’Etat à la mi-février.

«Oskar a très peu de voix, note encore l’humoriste Thomas Wiesel en découvrant les résultats. Cela doit lui rappeler quand il chante.» Au passage, le concept de révolution conservatrice, passe lui aussi à la trappe: «Fini de faire le malin, le barde des Alpes», commente Oskar Revaz sur la page Facebook du Nouvelliste.

Lire aussi:  La fin de l’idylle entre le Valais et le présomptueux Oskar Freysinger

#Calimerogohome

Pour certains internautes, le bilan est tout aussi grave que la manière de gouverner. «C’est l’action d'@OskarFreysinger au CE qui est sanctionnée, pas sa mauvaise stratégie. Tâchons de le lui rappeler le 19/3», note @lucien_c qui se fend d’un #calimerogohome.

Oskar Freysinger, le mal aimé du gouvernement? Pas pour Eric Délèze: «Ce résultat est mérité et n’est que le reflet de ce qu’un UDC pur jus à l’ego démesuré et qui est persuadé de détenir la vérité. Sans parler de ses erreurs…» Au milieu de ces réjouissances, Fabienne Frieden joue les troubles fêtes et attaque le grand vainqueur, Christophe Darbellay: «Mon Dieu! Plus rien n’est respecté en Valais... Les valeurs judéo-chrétiennes intègrent désormais l’adultère.»

Une fois le choc passé, la perspective du second tour alimente les pronostics. Dimanche sur RTS1, Céline Amaudruz, a dispensé un conseil pour le moins ambigu: pour rebondir, Freysinger doit redevenir «un vrai UDC» et retourner du côté de l’opposition. Il ne semble toutefois pas avoir fait preuve d’une collégialité légendaire. «A lire certains éditoriaux, on dirait qu'@OskarFreysinger a déjà été éjecté du Conseil d’Etat, estime @GregBarbey. Ne jamais vendre la peau de l’ours…» @TintinFournier, lui, rêve déjà d’un collège sans Oskar: «#Freysinger a prévu une tournée d’adieu passant chez Soral, San Giorgio et les néonazis parisiens?» Verdict le 19 mars.