14 juin

Vos courriers sur la grève des femmes

VOS LETTRES. Plusieurs lecteurs nous ont écrit pour partager leurs points de vues sur la grève des femmes organisée ce 14 juin

Vous nous avez beaucoup écrit! Voici l’ensemble des courriers que vous nous avez envoyés concernant la grève des femmes du 14 juin. Les titres de certains d’entre eux ont été modifiés. De la proche aidante à la mère d’une jeune polyhandicapée, du bureau à la rue, des banques à l’université, ou encore, de l’égalité salariale au droit d’avorter, ce sujet, présent dans tous les milieux et secteurs d’activité, vous a inspiré.


Inégalité au bureau

Mélanie Berthold, Porrentruy

Je sors de réunion… Personne ne m’a écoutée! Pourquoi? Les personnes présentes, majoritairement des hommes, monopolisent le temps de parole sans amener de nouveaux arguments. Pourquoi? Je réussis à placer mon idée et personne n’y répond vraiment. Pourquoi? J’ai vécu cette situation régulièrement au bureau au début de ma vie professionnelle en tant que jeune femme, cheffe de projet. J’en ai parlé avec des amies qui commencent leur carrière et le constat est clair: presque toutes ont déjà vécu la même expérience.

Être une femme au bureau, c’est devoir adopter des codes différents dans la vie professionnelle et dans la vie privée. Il s’agit bien sûr d’une richesse mais également d’un grand challenge. La société imprègne les hommes de ces codes depuis leur enfance. A 30 ans, j’applique ces codes depuis 4 ans, tandis qu’un homme du même âge les applique depuis 30 ans.

Aujourd’hui, cette inégalité imprégnée par la société reste trop souvent inconsciente pour les femmes mais aussi pour les hommes. Pourtant, elle martèle la vie quotidienne au bureau. Grâce au mouvement en vue du 14 juin, c’est l’occasion d’en parler. Je vais donc participer aux manifestations et ensuite continuer à m’engager pour débattre des bonnes pratiques. Finalement la question n’est pas: «Pourquoi faisons-nous face à de telles situations?» mais plutôt «Comment évoluer mieux dans cet environnement?» Ainsi un jour, chacun commencera sa carrière avec les mêmes chances!


Nos articles sur ce sujet


Gréviste, c’est à toi que je parle

Marlyse E. Etter, Genève

Tu vas descendre en nombre dans la rue, te répandre sur la place. Banderoles, fête, pique-nique, etc. Pourquoi pas? Avant de croiser les forces de l’ordre et de ne pas les saluer de ma part – ton poing mauve levé dans un espace public financé et médiatisé par nos taxes ne me fait pas envie – je voudrais attirer ton attention sur deux ou trois choses que ta pensée semble systématiquement ignorer. As-tu regardé ton portrait tel que des siècles de peinture, plus tard la photographie, la musique d’opéra ou d’autres formes d’art te proposent, sans t’affaiblir ni te discriminer? Des textes signés Simone, Simone, Simone. Marceline, Marguerite, Nathalie, Lydia, Anne-Marie, Ella, Catherine…

Ta mémoire prompte à accuser n’est-elle pas un peu courte? Tu puises dans l’actualité où la distinction et l’injustice foisonnent? Si tu remontais dans un passé à peine plus ancien où mes grands-mères et mes grandes-tantes possédaient chacune un compte en banque que leur mari n’avait pas le droit de toucher? De la haute? Non madame, des ouvrières, c’étaient. Nées en 1878, 1889, 1901, 1903, 1904. Ouvrières. Parfois dès l’âge de 14 ans. Autodidactes. Qui, avec leur syndicat, ont contribué à réduire les inégalités, l’horaire dingue de travail de l’époque (56 heures), à instaurer l’AVS et les congés payés. Je ne dis pas que ton combat est infondé. Je souligne la trop haute fréquence de ta plainte. Je regrette l’indigence de ta langue.


Le 14 juin deviendra-t-il «le jour de l’an 2019»?

Joseph Zosso, Schmitten

Il y a longtemps que le sujet n’avait été traité, commenté et documenté via différentes interviews à ce point par tous les médias nationaux et régionaux ces derniers temps. Quels en sont les raisons? Des femmes de tout âge vont suspendre leur travail et faire grève le 14 juin en grand nombre pour mettre en évidence que l’égalité entre hommes et femmes n’est actuellement toujours pas appliquée en de nombreux domaines.

Juste quelques réflexions historiques: l’acceptation du droit de vote des femmes en 1971 n’a eu quasiment aucun effet dans les domaines politiques, économiques et sociaux quant à l’égalité. Quelques rares femmes très bien qualifiées et actives réussissaient à prendre pied dans des organismes politiques cantonaux et nationaux. Dans le domaine économique, les femmes trouvaient des postes à responsabilités dans l’administration ainsi que dans le marketing et la vente.

Ceci surtout dans des entreprises de production et autres grandes sociétés du secteur des biens de consommation, mais souvent à un salaire inférieur que celui des hommes. On ricanait par exemple dans le temps des premières «femmes policières» ou de celles actives dans la vente au service externe et on ne les prenait pas au sérieux. Ce qui n’est heureusement plus le cas aujourd’hui!

Je suis persuadé que les femmes convaincront le peuple le 14 juin qu’il y a encore beaucoup à faire au point de vue de l’égalité. Ça ne m’étonnerait pas que le 14 juin 2019 entre comme «jour de l’année 2019 des femmes» dans l’histoire!


Et pourquoi pas lancer une class action?

Lorraine Martin

Intéressante question que celle de savoir si l’on a été confrontée à des obstacles ou des inégalités dans son parcours professionnel car… personne ne va vous le dire, le secret sur les salaires et les promotions étant absolu! Impossible donc de savoir si votre collègue masculin que vous jugez votre «égal» gagne mieux sa vie que vous et/ou s’il a obtenu un avancement car il est un homme. Et le département des «Ressources Humaines» parviendra toujours à trouver le détail censé justifier ces différences en cas de question à ce sujet… que personne n’osera d’ailleurs poser par peur de représailles.

Quelques exemples de sexisme: un participant à une séance assis à côté de moi lâche un «Salope» en ne parvenant pas à utiliser une enceinte de téléphone; un autre demande expressément à notre responsable de service que son dossier soit traité «par un homme». S’il faut prendre un procès-verbal de réunion, on se tourne systématiquement vers une femme. Je note aussi que l’écart de 10 à 20% de salaire est très souvent justifié par l’argument «vous faites des enfants et donc vous êtes plus souvent absentes et vous coûtez cher». Avec 1.5 enfant par femme en moyenne en Suisse et des carrières qui durent plusieurs dizaines d’années, cet argument est ridicule!
Mais les salariées de la Caisse d’Epargne Ile de France ont trouvé un moyen beaucoup plus efficace que la grève: la class action!


La liberté des femmes serait-elle remise en question?

Sarah, Mélanie et Aurélie, gymnase de Morges

À propos de l’article de blog: «Avortement: un acquis à défendre sans concessions».

Le droit à l’avortement est un signe de liberté et concerne le corps, le destin et la vie d’une ou de plusieurs personnes. Enlever cette possibilité causerait un déséquilibre et nous enlèverait l’espoir d’une société meilleure. Si nous régressons à ce sujet, qu’en sera-t-il ensuite?

Chaque personne pense et vit les choses différemment et que les gens acceptent de garder un enfant gravement handicapé, issu d’un viol ou autre, ne regarde que ceux-ci, cependant interdire ce choix causerait plus de préjudice qu’autre chose. L’abandon, la violence envers des enfants non désirés ou le suicide de ces femmes traumatisées par une épreuve comme celle de porter l’enfant d’un violeur, ne seraient bénéfiques pour personne. Le soutien des proches est la seule chose que devrait recevoir une personne qui souhaiterait avorter. Sans compter que toute femme n’est pas faite pour devenir maman, certaines n’en ont jamais désiré et n’en voudront jamais. Et avoir le droit d’avorter, c’est aussi le droit de se protéger et d’empêcher une vie à la laquelle aucun enfant ne devrait être confronté.

Pour étendre le sujet, la révocation de ce droit ne concerne finalement pas que les femmes, la perte d’emploi que représente ce marché toucherait aussi les hommes et les personnes qui n’ont pas eu besoin d’avorter tel que les médecins, le personnel infirmier etc. Les individus étant contre l’avortement devraient plutôt se concentrer sur des sujets plus importants ou qui pourraient aider des gens plutôt que de s’occuper des personnes qui n’ont rien demandé. Nous vivons dans une société libérale et il serait triste et moyenâgeux de retirer encore une chose aux femmes qui pourtant se battent pour l’égalité des sexes.


Une affaire embarrassante

Marianne Derron, Neuchâtel

Le 14 juin, je participerai à un événement ludique, créatif et social sur la place fédérale de Berne: la création du «Weltentuch»! Mon motif général est la reconnaissance: j’aimerais exprimer ma gratitude envers celles qui ont lutté, dans le passé et dans des circonstances autrement plus difficiles, pour les droits des femmes. Mon motif particulier vient du vécu personnel: il y a 17 ans, au sein d’une université suisse, j’ai subi un lourd harcèlement par mon supérieur. Prétextant les besoins du travail, il a effectué un véritable «stalking» sur ma personne en me suivant dans tous mes déplacements. Après l’outrecuidance d’un mariage et d’une grossesse, il m’a reproché de mal planifier mes rendez-vous médicaux et de voir trop souvent mon mari, actif dans la même institution.

Si je n’oublie jamais le soutien moral de ma hiérarchie, qui a réprimandé paternellement mon supérieur, je n’oublierai pas non plus que cette même hiérarchie m’a beaucoup encouragée afin que je quitte mon poste aussi vite que possible – c’est ce qui s’est passé, sans dédommagement aucun et sans que l’on se soucie de mon futur parcours. Quand mon mari a pris ma défense, on lui a fait savoir qu’il valait mieux taire cette affaire décidément trop embarrassante. 17 ans après, j’ai l’espoir de croire que l’université de Lausanne gérerait très différemment une telle affaire.


Femmes proches-aidantes: L’impossible grève

Carine Skupien-Dekens, Neuchâtel

Vais-je faire la grève vendredi prochain? Cette question, qui pourrait être essentiellement institutionnelle (en ai-je le droit? Vais-je avoir des problèmes si je la fais?) devient existentielle pour une partie d’entre nous qui, en plus d’être engagées professionnellement, sont ce qu’on appelle «des proches-aidantes». En effet, il y a le travail professionnel dont on peut décider de faire grève et le travail de soin, de «care», comme on dit aujourd’hui, où la grève est impossible.

Mon travail, ce n’est pas seulement l’Université, où je suis professeure titulaire, mais c’est aussi les soins prodigués à ma fille de 24 ans, très gravement handicapée. Je peux certes ne pas aller travailler le 14 juin prochain, ce qui se fera sans problème puisque notre Université soutient la grève, mais je ne peux pas dire à ma fille que je la laisse au lit, que je la prive d’alimentation et d’hydratation, que je la laisse faire des crises d’épilepsie parce que moi, je fais la grève. A quoi bon faire la grève là où j’en ai le droit, pour des revendications dans un domaine où justement, ma grève engendrerait de la maltraitance? Cette déchirure, cette impossible conciliation, voilà précisément ce qui est le plus difficile à vivre, au quotidien.

Ma souffrance, en tant que femme, ne vient pas d’un manque d’égalité sur mon lieu de travail, mais elle vient de la charge énorme imposée à toutes celles dont le travail de prise en charge des proches n’est pas reconnu, ni socialement, ni financièrement. Si je ne peux pas faire progresser ma carrière à cause de multiples séjours de ma fille à l’hôpital, si je ne peux pas travailler autant qu’une autre collègue parce que je consacre des heures, jour et nuit, à ses soins et à sa prise en charge, qui s’en soucie? Les acrobaties professionnelles nécessaires pour mener à bien un séminaire avec un enfant entre la vie et la mort, la fatigue intense de venir enseigner après une nuit passée aux urgences, combien est-ce que ça vaut?

Reconnaître officiellement et financièrement le travail des proches-aidant-e-s, femmes ou hommes, pour leur permettre de poursuivre une carrière harmonieusement, comme on reconnaît l’engagement politique, le service militaire ou le fait de siéger dans des conseils d’administration, voilà pourquoi je ferais la grève, si elle n’était pas tout simplement impossible.


La féminisation des noms de rues

Anne Canosa, Neuchâtel

Dans le cadre de la grève des femmes il m’a semblé opportun de dédier des noms de rues aux femmes invisibles des livres d’Histoire, invisible de l’espace public, infirmière, femme de ménage, mère de nombreux enfants, caissière, blanchisseuses etc.

A travers cette démarche je souhaite initier un mouvement afin de remédier à cette situation rapidement. L’apport de noms de femmes dans l’espace public est simple et non-partisan (ni gauche, ni droite). Je souhaiterais qu’un concours ouvert à tous à l’échelle du canton voire national soit initié pour proposer des noms de femmes et de débaptiser le nom de rues d’hommes plus d’actualité. Eh oui afin d’assurer une parité nominative il va bien valoir supprimer des noms d’hommes (exemple les personnes ayant soutenu le commerce triangulaire, le racisme, la ségrégation, etc.).

Puis dans les deux ans l’ensemble des villes et villages du canton de Neuchâtel auront introduit dans le toponyme la moitié de leur citoyenne. Le toponyme ou l’histoire du nom des lieux permet à une société de se projeter dans l’espace de la ville. Les noms des lieux changent au gré des pouvoirs en place et nous permettent d’observer l’évolution d’une société. Or en Suisse la proportion du nom des rues dans l’espace public est dérisoire voire alarmante et démontre de manière criante le peu de cas fait aux femmes au XIXe siècle. dans des sociétés dites démocratiques et égalitaires.

En 1991, lors de la manifestation les noms des rues avaient également été féminisées, 30 ans après le constat est amère aucune initiative de parité des noms n’a été initié par une collectivité. Et lorsque la Ville de Neuchâtel a souhaité baptiser l’espace Agassiz par celui d’une femme: Tilo Frey, un grand nombre de professeurs de l’Université de Neuchâtel y compris de directeurs de musées se sont étalés dans une presse complaisante pour crier au scandale de ce «révisionnisme». Personne ne s’est émue de la non-représentation des femmes.

Aucun n’a réfléchi au fait que toutes les écoles et leurs aulas sont au masculin. Paul Vouga, Numa-Droz, Jean-Piaget etc. Cette honteuse polémique n’a pas soulevé l’indignation, sans aucun complexe, de grands professeurs ont déclamé leur indignation lors de café soi-disant scientifique et devant des assemblés et durant les cours. Pourtant plus de la moitié des étudiants sont des étudiantes. Alors pourquoi aucune école ne porte le nom d’une femme? Pourquoi seul 6% des noms à Neuchâtel sont dédiés aux femmes?


Les filles vont où elles veulent

Agnieszka Hegetschweiler, Neuchâtel

Pour mon premier emploi en Suisse, j’ai été engagée à la production dans une usine au même poste qu’un homme du même âge, avec la même expérience. Peu de temps après, j’ai appris qu’il gagnait plus, parce qu’il était un homme. Nos deux salaires étaient tout en bas de l’échelle. Ces quelques centaines de francs par mois faisaient déjà une énorme différence.

Des années plus tard, en tant que maman, j’ai fait connaissance de plusieurs jeunes mamans. L’importance qu’elles attachent aux soins à donner à toute la famille, à l’organisation logistique de toute la maison et au ménage est admirable. Mais pourquoi les papas le font si rarement? Forcément, nous tous (hommes et femmes) avons besoin de nous sentir valorisé.e.s. Quand ça n’arrive pas au niveau professionnel, on fait tout pour que ce soit le cas dans le privé. De plus, quand dans le couple on gagne moins, le calcul est vite fait pour savoir qui diminuera son taux de travail à la naissance des enfants.

L’égalité salariale est une question non négociable qui influence nos choix dans la privée et professionnelle. J’irai faire la grève parce que j’exige des sanctions contre les employeurs qui ne respectent pas l’égalité salariale. J’irai faire la grève pour toutes celles qui n’ont pas le temps de le faire par peur de perdre leur emploi, par manque de soutien quant à la garde des enfants, parce qu’elles n’osent par réclamer ce qui leur est dû, parce qu’on leur répète dès leur enfance que les gentilles filles vont au ciel. Mais elles oublient que les autres vont où elles veulent. Ces dernières, je les invite à rejoindre la grève des femmes en Suisse le 14 juin 2019!


Les femmes vivant un handicap

Marjorie de Chastonay, Eva Hammar, Olivier Dufour et Cyril Mizrahi, membres du bureau de la Fédération Genevoise des Personnes Handicapées et leurs proches (FéGAPH)

L’article – «Ces femmes au carrefour des inégalités» du 5 juin 2019 – évoque un concept créé dans les années 80 aux Etats-Unis, qui désigne la situation des femmes qui subissent plusieurs formes de marginalisation au sein de la société: l’intersectionnalité.

Dans le contexte de la grève des femmes qui aura lieu prochainement, il est en effet particulièrement intéressant de se pencher sur le sort des femmes qui subissent une double, voire une triple discrimination. D’après cet article, ce terme intègre actuellement les notions de nationalité, de religion ou encore d’orientation sexuelle. Si nous adhérons pleinement à l’existence de multiples discriminations à l’encontre des femmes basées sur ces critères, et si nous soutenons fortement les actions visant à éliminer ces discriminations inacceptables, nous avons été très surpris de constater l’absence totale de la mention des femmes vivant un handicap et des femmes proches aidantes.

Ces deux populations subissent fréquemment une double discrimination, due au handicap ou à la maladie, en plus de leur condition féminine. Prenons pour exemple les femmes vivant avec un handicap de l’ouïe. Tout au long de leur vie, elles sont amenées à se battre constamment pour avoir un accès à l’information, à la formation, aux services publics et à l’emploi. Trop souvent, elles sont poussées à accepter des formations qui ne sont pas au niveau de leurs capacités et de leur ambition, et trop souvent elles sont forcées, notamment à cause des préjugés sur leurs ressources, d’accepter des emplois qui ne correspondent pas à leurs compétences ni à leurs objectifs.

Les femmes proches aidantes, notamment les mères qui ont un enfant vivant avec un handicap, sont également doublement discriminées, car ce sont dans la grande majorité des cas ces dernières qui sacrifieront leurs carrières professionnelles pour s’occuper de leur enfant, beaucoup plus souvent que les pères. Le temps nécessaire pour répondre aux besoins de leur enfant pouvant facilement correspondre à un emploi à 100%, et étant donné que la société n’est pas adaptée aux besoins de ces familles, ces dernières sont parfois même obligées de quitter leur emploi, souvent sans aucune garantie de pouvoir retrouver du travail ultérieurement. Ces facteurs et bien d’autres mènent à une forte précarisation de l’existence de ces femmes, indigne d’un pays développé comme la Suisse.

Nous souhaitons que les lecteurs du Temps soient conscients des doubles discriminations subies par ces deux populations de femmes, et c’est pour cette raison que nous irons manifester avec elles le 14 juin prochain. C’est également pour cette raison que des interprètes en langue des signes seront présentes durant la marche du 14 juin, afin de garantir pleinement l’inclusion des femmes sourdes dans cet événement et pour leur donner l’occasion de revendiquer leurs droits.


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