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Quand, pour la même émotion, les emojis diffèrent selon les applications 
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Conversation

Quand vos smileys tirent la gueule chez vos interlocuteurs

Les emojis font partie aujourd’hui de notre univers quotidien de communication. Problème: les applications et les smartphones ne les affichent pas la même chose. Créant l’ambiguïté

Vous avez cru l’interprétation des emojis universelle? Ces petits smileys qui ornent votre correspondance, font pulser vos tweets, disent en une figurine stylisée, un pictogramme, que vous êtes contents, perplexes ou énervés et que l’on se gardera de confondre avec les émoticônes, qui elles sont leur transcription typographique? Universelle, leur interprétation, vraiment? On se trompait. Et même lourdement. Ce serait même bien des fois tout le contraire.

C’est ce que suggère, en tous les cas, une étude fort sérieuse menée par six chercheurs de l’université du Minnesota aux Etats-Unis, «Blissfully happy» or «ready to fight»: Varying Interpretations of Emoji, et dont la version vulgarisée fait actuellement beaucoup jaser sur les réseaux sociaux.

Nos six chercheurs n’y sont pas allés mollement – avec le big data on peut tout, en quelques secondes: ils ont collecté plus de 100 millions de tweets entre août et septembre 2015, ont pointé les emojis anthropomorphes parmi eux (en gros, et pour aller vite, nos fameux smileys, ces binettes qui, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ne sourient pas toujours), puis les ont soumis à un panel d’utilisateurs. Dont la tâche a été de les interpréter sur une échelle de Richter des sentiments.

Ainsi du fameux U + 1F601 (c’est son nom de code dans les standards internationaux), la face qui sourit avec des yeux rieurs. Positif ce smiley? Réponse, étonnante: pas tout le temps. Et même parfois, pas du tout.

Et pourquoi donc? D’abord parce que l’emoji qui sourit ne sourit pas la même chose suivant que l’on a entre les mains un Iphone, un smartphone Google, Microsoft, Samsung ou LG; ou suivant que l’on navigue sur Facebook ou sur Twitter.

Chez Apple – pareil, nota bene, sur Twitter et sur Facebook –, l’emoji qui sourit inspire à la majorité du panel un sentiment plutôt négatif. C’est qu’avec des paupières déprimées et une bouche qui semble surtout montrer ses dents, il donne plus le sentiment de tirer la gueule ou de rire jaune. Bref d’être coincé. Aux antipodes de l’emoji hilare de Google, qui semble avoir avalé un cocktail explosif de protoxyde d’azote et d’avoir fait son stage chez le joker de Batman.

Bref, comme le résume Mathilde Loire dans la rubrique Pixels du site du Monde, «l’étude montre que l’interprétation d’un même emoji peut varier fortement d’une personne à l’autre – et d’autant plus lorsque ces personnes n’utilisent pas le même programme de messagerie, et que l’emoji envoyé par l’expéditeur s’affiche de manière parfois très différente sur le téléphone du récepteur.»

Ce qui fait dire au site de décryptage du monde numérique presse-citron.net: «Cette étude vous fera réfléchir avant d’utiliser un emoji.»

Voilà qui va donner du grain à moudre à celles et ceux qui cherchent, depuis quelques années maintenant, à standardiser au maximum toutes cette palette d’aide à l’expression de nos émotions. On pourrait sourire à pareille préoccupation. On aura garde de le faire: dans le monde pressé et trépignant qu’est le nôtre, où nos petits doigts cherchent sur le clavier toutes les touches qui simplifieront nos états d’âmes complexes dans la nano seconde, la convergence des pictogrammes est urgente. Afin d’éviter que dans nos chats, nos conversations et nos échanges l’on ne se méprenne pas lourdement sur nos émotions. N’est-ce pas? :-)

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