Courriers

Votation sur les armes: nos lecteurs s’expriment

VOS LETTRES. Trois courriers de lecteurs au sujet de la révision de la loi soumise au vote le 19 mai

Vos commentaires sont les bienvenus! Vos lettres ne doivent pas excéder 1500 signes (espaces compris). lecteurs@letemps.ch

De l’eau a coulé sous les ponts

Bernard Wyssa, Le Grand-Saconnex

A n’en pas douter, les adversaires à la révision de la loi sur les armes ont un certain goût pour la dramaturgie. Dans une version 2019 de Guillaume Tell face au bailli des Habsbourg, ils descendent dans l’arène défendre le peuple suisse face au diktat de l’Union européenne. Il faudrait qu’ils fassent un petit bond dans le temps, histoire de revenir à notre époque.
La Suisse a quelque peu évolué. Elle s’est ouverte sur le monde. Elle en tire d’ailleurs une grande partie de sa prospérité. Elle fait ses choix en toute connaissance de cause, y compris ceux de s’allier avec d’autres Etats, car elle a compris que la voie solitaire était une voie sans issue, en matière économique comme de sécurité ou d’asile.

L’adaptation de la loi sur les armes permet à notre pays de rester associé aux Accords de Schengen/Dublin. Cela signifie qu’il continuera, à l’heure du terrorisme et de la criminalité internationale, à se coordonner avec ses partenaires dans le domaine de la sécurité. Cela permet également à la Suisse de pouvoir renvoyer les requérants vers le pays de provenance, lorsqu’ils ont déjà transité par un pays associé. Dans le domaine de la sécurité comme de l’asile, faire cavalier seul serait suicidaire. La loi proposée respecte en plus les traditions suisses du tir.


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Une directive qui manque sa cible

Simon Besse, Monthey

Cette directive a pour objectif premier de lutter contre le terrorisme. Pourtant, toutes les armes utilisées dans les attentats qui ont touché l’Europe ces dernières années étaient des armes illégales. Elles n’ont donc jamais fait l’objet d’une inscription dans un registre et ne seront pas concernées par cette modification de la loi. Pour la simple et bonne raison que les criminels ne demandent pas de permis pour posséder des armes.

En Suisse, pour acquérir une arme il faut: fournir un extrait de casier judiciaire vierge, remettre à la police cantonale un formulaire officiel, une copie des papiers d’identité, l’extrait du casier vierge tout en décrivant l’arme que l’on souhaite acquérir. Dans certains cantons, on vous demande de venir en personne au poste, dans d’autres on vous convoque pour un entretien lorsqu’on l’estime nécessaire et dans d’autres encore vous avez systématiquement droit à une visite à domicile pour la première demande. S’ensuit une enquête du bureau des armes de votre canton.

Si toutes les conditions sont remplies, on vous délivrera un permis d’acquisition d’arme: un permis qui permet de posséder une arme à votre domicile et de la transporter, en respectant certaines conditions, au stand de tir ou à l’armurerie. C’est tout! Le permis de port d’arme est réservé à une poignée de personnes travaillant dans la sécurité et il est extrêmement difficile pour un civil d’obtenir cette autorisation. Pensez-vous sincèrement qu’un criminel fera les démarches?

L’ADN de la Suisse

Jean-Pierre Pasquier, conseiller municipal (PLR), Onex

Posséder une arme serait constitutif de l’ADN suisse, selon les référendaires à la loi sur les armes sur laquelle nous voterons le 19  mai prochain. Vraiment? L’ADN de mon pays relèverait à mes yeux plutôt du dialogue, du respect, de l’ouverture ou encore de la sécurité que de la possession d’une arme. Et c’est précisément pour préserver ces caractéristiques que je vais voter oui sans hésiter à cette loi. Celle-ci permet de préserver nos traditions (armée de milice avec l’arme à domicile, tradition du tir sportif). Elle n’empêche personne de posséder une arme mais encadre simplement la possession des modèles les plus dangereux.

Une formalité administrative qui paraît évidente face à la menace que peuvent représenter de tels équipements. Et qui semble bien peu de chose par rapport au risque d’un retrait de notre pays de l’association de Schengen-Dublin et de ses conséquences, en termes de sécurité – suppression de l’échange d’informations automatique avec les polices européennes – comme de politique d’asile – la Suisse devrait entrer en matière sur toutes les demandes d’asile de personnes ayant transité par l’espace Schengen, contrairement à aujourd’hui – La loi proposée préserve notre pays.


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