Ancien radical, je reste attaché au PLR aussi fermement que depuis le jour de la fusion qui lui a donné naissance et que j’ai soutenue avec conviction. Mais, le 7 mars prochain, je donnerai ma voix à Pierre Maudet.

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Je ferai ce choix d’abord parce que je suis en colère, outragé par la campagne de destruction d’un homme et de démolition d’une carrière politique menée depuis un an par les forces réunies des médias, des syndicats de la police, du monde politique genevois et du Conseil d’Etat. Jamais Genève n’a vu se déchaîner un tel acharnement fondé sur les haines personnelles, la volonté de régler des comptes et la pure jalousie.

Certes, Pierre Maudet a commis des erreurs de jugement en tentant, dans un premier temps, de cacher les contours d’un voyage au Moyen-Orient. Mais ces faits, par comparaison à l’utilisation à titre personnel des deniers publics commis par plusieurs membres du Conseil administratif de la ville, apparaissent comme une peccadille, peccadille qui, elle, n’a pas coûté un centime à Genève.

Un «homme de pouvoir»

Je voterai pour Pierre Maudet surtout parce que tout son parcours politique en ville et au canton en témoigne, il est un véritable homme d’Etat, qui effectue sa tâche avec foi, détermination et efficacité. Il est un «homme de pouvoir» au sens où il aime l’exercer dans l’intérêt de la collectivité. Les résultats qu’il a obtenus ces dernières années le soulignent.

Genève a réellement besoin de conserver au gouvernement un homme qui sait assumer ses responsabilités

Personne ne peut se targuer, au sein du Conseil d’Etat, d’avoir réalisé ne serait-ce que le quart voire le dixième du travail que Pierre Maudet a accompli dans l’intérêt général. Ses collègues ont certes administré leur département, plus ou moins bien, mais aucun d’eux n’a, au cours des dernières années, su mettre en œuvre des réformes aussi importantes et nécessaires pour notre canton telles que la nouvelle loi sur la police, la nouvelle loi sur la laïcité, l’opération Papyrus ou encore la création de la «Trust Valley», pôle de compétences numérique lémanique.

«N’écoutez pas ce qu’ils disent, regardez ce qu’ils font» (H. Bergson)

Un homme qui sait assumer

En face de ces réalisations, le bilan provisoire de la législature des autres magistrats est affligeant, surtout en regard des promesses que le Conseil d’Etat a faites lors de sa prise de fonction. Les finances cantonales sont au plus mal, déprimées par des déficits catastrophiques, «sanctifiés» par la suspension du frein aux déficits (!). La dette publique dépasse désormais les 20 milliards de francs, les dépenses de fonctionnement continuent de croître plus vite que les recettes, l’administration du DIP est toujours aussi pesante et coûteuse, l’ambition de réformer la grille salariale des fonctionnaires est restée lettre morte.

S’agissant des infrastructures, la prison des Dardelles ne sera pas réalisée, les nouveaux quartiers du PAV, des Cherpines et de Bernex sont restés à l’état de projets. Au plan communal le projet de modernisation de la répartition des tâches avec le canton est ensablé.

Je voterai pour Pierre Maudet parce que les lignes ci-avant en témoignent, Genève a réellement besoin de conserver au gouvernement un politicien qui sait assumer ses responsabilités et qui n’a jamais pris ses discours pour de l’action.

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