La faible participation est certes à mettre au compte d'une campagne peu animée, mais elle montre surtout les limites de ce que l'on peut exiger du citoyen. Le degré de complexité de la péréquation financière a certainement poussé beaucoup de citoyens à l'abstention. La campagne s'était d'ailleurs focalisée surtout sur un épiphénomène du projet: l'encadrement des associations de handicapés. Il est réjouissant dans ce contexte de pouvoir saluer un vote responsable d'une majorité de Suisses.

Le résultat solidaire des grands cantons contributeurs, Zurich, Bâle-Campagne et Genève, qui n'ont pas cédé à un réflexe d'égoïsme financier, est à souligner. C'est une bonne nouvelle pour le fédéralisme. Et un signe que la Suisse est encore capable de se réformer.

La prorogation du régime financier n'était pas contestée. Il est dès lors quelque peu absurde de devoir mécaniquement demander l'aval régulier du peuple pour percevoir l'impôt fédéral direct et la TVA.

On pouvait craindre qu'une majorité morale obscurantiste ne l'emporte sur les cellules souches. L'opposition des intégristes religieux avait pour mérite d'être cohérente de leur point de vue. Celle d'une partie de la gauche, écologiste en particulier, n'avait pas cette cohérence. Mélangeant un point de vue éthique avec des considérations altermondialistes un brin fumeuses, cette opposition a pesé beaucoup moins lourd que l'on pouvait le penser. La principale leçon à en tirer est politiquement éclairante: il n'y a point de salut pour une majorité conservatrice sans l'appui de l'UDC nationale, et ses moyens considérables de propagande.

Loin d'un déballage émotionnel, le débat précédant le vote a été de bonne tenue. L'argument des perspectives positives pour la recherche médicale a finalement davantage convaincu que les craintes diffuses sur la manipulation du vivant. Les cautèles mises dans la loi pour éviter toute dérive ont rassuré les hésitants. Mais la vigilance éthique doit rester une préoccupation constante.

Finalement, et c'est tout à l'honneur de notre démocratie, les Suisses qui ont pris la peine de remplir un devoir civique exigeant ce dimanche ont émis des votes de raison et de maturité.

Un rejet de l'égoïsme et de l'obscurantisme. Tous les dimanches de votations ne sont pas aussi sereins.

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