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Un désir de deux enfants, c'est le minimum pour le 90% des jeunes Suisse(sse)s.
© Gpalmisoadm/Pixabay.com

Conférence de conciliation

Vous voulez des enfants? Débrouillez-vous

OPINION. Pour le Tribunal fédéral, une grossesse extra-utérine ne doit pas être assimilée à une grossesse à risque. A la femme dès lors de payer la facture. Dernier ajout en date à une longue liste d’embûches que rencontrent femmes et couples à l’heure de fonder une famille

Neuf jeunes adultes sur 10 en Suisse aimeraient avoir deux enfants ou plus. En moyenne, ils finiront par n’en faire qu’un et demi par couple. Où tous ces désirs d’enfants se perdent-ils? Ils s’évaporent devant la difficulté de concilier vie professionnelle et familiale. Ils se heurtent à la rareté, hors de quelques centres urbains, de l’offre de crèches et à l’absence de congé paternité. Ils pâlissent à la lumière crue des charges que représentent la santé, l’éducation, les loisirs.

Lisez des livres de développement personnel, vous y apprendrez qu’un enfant est une chance. Passez un entretien d’embauche, et vous comprendrez qu’il est un risque. Et si vous pensiez que ça ne commence qu’à la naissance, détrompez-vous. La grossesse, déjà, est un pari risqué. Certes, depuis 2014, la loi prévoit qu’à partir de la treizième semaine de grossesse, aucune participation n’est exigée pour les frais de santé en cas de complication ou de maladie, en sus des contrôles usuels. Une bonne chose pour les futures mères, me direz-vous: l’assurance maladie assume les coûts jusqu’à la naissance et un peu au-delà, c’est déjà ça.

La prochaine fois, peut-être…

Mais nous ne serions pas tout à fait en Suisse si les choses étaient aussi simples. Le Tribunal fédéral vient en effet de juger que cette règle ne vaut pas lorsqu’une anomalie se produit durant les premières semaines et que la grossesse n’arrive hélas pas à terme. Dans ce cas-là, navré Madame, en fait, ce n’est plus une grossesse (même si elle porte ce nom, y compris extra-utérine), c’est un pépin de santé, merci de payer votre franchise et votre participation comme pour une grippe, juste un peu plus chère. La prochaine fois, peut-être.

Remplacer la joie du projet familial par la froideur de la machine à calculer, une belle réussite helvétique. Ajoutez-y le fait qu’avoir un enfant à charge augmente le risque de pauvreté, de surcroît si on est une mère seule, et la question initiale devient presque absurde. Pourquoi les Suisses font-ils si peu d’enfants? Demandons-nous plutôt pourquoi ils s’obstinent à en faire.

Il y a deux thèmes centraux dans la politique suisse: la famille et la responsabilité individuelle. On met le premier sur les affiches, et le second dans les lois.


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