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Au bord du Guadalquivir, à Séville, seule...
© Cristina Quicler/AFP

L’art du départ (1/7)

Voyager seul, le rêve? Foutaise

Quand on part, on pense «où» et «quand», plus rarement «comment». Chaque mardi, notre chroniqueuse s’arrête sur la manière de faire

J’ai traversé l’Australie à 19 ans, seule. La simple évocation de ce voyage en solitaire au pays des kangourous et des surfeurs – enfin, surtout, des mineurs de Kalgoorlie et des encaveurs de la Barossa Valley – me confère une aura que j’aime faire mousser de temps à autre. Mais c’est du bluff. Parce qu’en fait, je déteste voyager seule. Bien des années plus tard, je me suis retrouvée à Séville rien qu’avec moi-même et, plus d’une fois, j’ai été tentée de me jeter dans le Guadalquivir, tellement je m’ennuyais à périr.

Rarement transcendant

La grande arnaque du voyage en solitaire, c’est le mythe selon lequel, puisqu’on est disponible, on découvre mieux le lieu et on fait des rencontres extraordinaires. Ah, bon? D’accord, on rencontre des gens, forcément. Mais une fois qu’on s’est dit d’où on venait, où on allait et ce qu’on faisait dans un anglais approximatif, le dialogue est rarement transcendant. La faute au manque de connivence et de complicité. En plus, à Séville, vu mon âge respectable – j’avais alors 40 ans – les hommes me questionnaient sur mon état civil et n’en revenaient pas que mon mari me laisse voyager en toute liberté sans me chaperonner. Que pesado!

A discuter, à disputer...

Pour des raisons culturelles évidentes, la femme et l’homme ne sont pas égaux face aux trips solos. Possible que ce karma augmente mon désarroi. Mais, au-delà du regard extérieur, voyager seul prive son auteur d’un des plus grands plaisirs de l’existence: partager son expérience. Apprécier un paysage, c’est bien. L’apprécier et le commenter à deux, c’est tellement mieux! Pareil pour un repas, une exposition, une soirée à l’opéra ou un safari au Kenya. L’activité gagne en puissance sitôt qu’elle est discutée, disputée, mise en résonance. Etre seul face à l’univers, le nirvana? Pas tant que ça!

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