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Sans portable, vous allez faire un truc de malade: regarder l’horizon.
© Kritchanut/123RF

Charivari

Les vraies vacances? Une semaine sans portable!

Une petite cure de désintoxication? Juste avant les vacances, notre chroniqueuse propose de relever un beau défi: un été déconnecté

Chiche, cette fois vous le faites. Depuis plusieurs étés, vous y pensez sans oser vous lancer. Vous savez qu’au fond, la vraie libération, ce n’est pas de partir en Islande ou à la Terre de Feu, mais dans une contrée dingue, surréaliste, inimaginable: celle où vous n’êtes plus atteignable. Ce pays à portée de clic, celui de la fin, qui vous coupe de toute info et de tout lien. Il faut assumer. Ce n’est pas rien.

Ça pourrait se passer comme ça. Vous arrivez à l’hôtel, palmiers et cocotiers, on garde le cliché, la mer c’est vague et ça fait du bien. Vous arrivez donc à l’hôtel avec bobonne ou Gaston et, au lieu de demander le wi-fi – que vous prononcez «ouaille faille», sans cela, le réceptionniste vous regarde avec des yeux ronds –, vous attrapez un kiwi sur le desk et filez, léger, profiler votre premier plongeon. Dans votre ancienne vie, vous seriez monté dans votre chambre frigorifiée et auriez tenté de vous connecter anxieusement à un ouaille faille qui, parfois, souvent, n’en porte que le nom. C’est qu’avant, il fallait dire à mamy, aux amis, aux enfants que vous étiez bien arrivé. Pas qu’ils s’en soucient vraiment, mais bon…

Pas d’infos, que de la musique

Vous nagez, regagnez la plage et là, vous faites un truc de malade, vous regardez l’horizon. Les gens aussi, ces bêtes de plage à multiples fonctions. Mais, à aucun moment, vous ne vous informez du monde tel qu’il ne va pas, vous n’écoutez de la musique avec l’oreillette 007 ou vous vous souciez de capturer des images volages. Vous errez dans l’ère rare de l’éphémère et savourez ces instants qui ne deviendront jamais des trésors de guerre. Ça gratte, hein? Surtout si vous êtes en famille. La tentation est grande de figer l’incroyable réception du cadet en beach-volley ou la sieste cocasse de la grand-mère. Oui, mais non. Ou alors à l’ancienne. Avec un appareil photo déconnecté de l’univers.

Pas facile, pas facile, pas facile. Très dur, même. Je ne suis pas sûre d’être prête pour cette coupure. En même temps, je n’ai pas de projets de vacances. Aucun, rien, nada. Je n’y ai pas encore pensé. Je me laisse dériver et cueillir par la bonne idée. Elle est peut-être là, la vraie liberté. Faire la place, se rendre disponible et ne pas craindre le vide, le néant. Ne rien faire, vraiment. Répétez cette dernière phrase et constatez: elle provoque un immense soulagement. Allez! Que vous soyez actifs ou non, connectés ou non, je vous souhaite un été magnifiquement reposant.


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