America is back, comme disait l’autre. Mais dans quel état! Les Etats-Unis sont en effet de retour, en Europe. Des dizaines de milliers de soldats vont se déployer tout près des marches russes, y compris dans des pays (Finlande, Suède) où ils ne pouvaient jusque-là pas mettre les pieds. Exactement ce que Vladimir Poutine ne voulait pas – ou ce qu’il prétendait voir, dans ses absurdes chimères, avant d’envahir l’Ukraine. Sanglant pataquès historique. Et pendant ce temps, Joe Biden vadrouille de capitale en capitale comme un vieux boss qui inspecte ses alliés subalternes. Mais l’Amérique qu’il représente, à part la puissance militaire, n’a plus grand-chose à voir avec celle qui étendait son protectorat sur l’Europe de l’Ouest en ruine après 1945. C’était alors un jeune empire plutôt bienveillant, si sûr de son modèle politique et économique que Washington le vendait aisément, et à un assez bon prix. Les Etats-Unis séduisaient, en ce temps-là, et enrageaient leurs adversaires. D’un siècle l’autre, tout a changé. Restent les armes, mais que protègent-elles?