Montres, bracelets, vêtements, bijoux, casquettes et baskets captent, mesurent puis échangent des données avec nos écrans. Essentiellement, ils mesurent notre rythme cardiaque, prennent notre température, comptent nos pas et les calories brûlées ou analysent la qualité de notre sommeil.

 Certains objets vont encore plus loin pour traquer notre santé et nos performances, comme le soutien-gorge pour détecter un cancer du sein, le casque pour footballeur américain qui mesure l'ampleur des chocs, les chaussons de danse qui enregistrent la pression et le mouvement du pied et inéluctable, l’appareil qui analyse les performances sexuelles. D'autres conceptions sont encore à l’état de projet, et espérons qu’il en restera ainsi, comme le brevet de Motorola pour un toupet connecté qui envoie une décharge électrique à la réception de chaque SMS.

Ce sont les technologies portables ou «wearables», conçues pour séduire les férus de technologies et les curieux de leur santé qui abondent dans nos pays. Un marché évalué à $20 milliards pour 2015. 

 Mais la technologie portable et les capteurs ne pourraient-ils pas être la prochaine révolution mobile pour les pays émergents? C’est la question posée dans le cadre d’un concours organisé par l’UNICEF, en partenariat avec la société de développement technologique RAM et le cabinet de Design, Frog. Leur objectif? Générer des idées de gadgets innovants qui permettront de répondre aux besoins en matière de santé maternelle et infantile des nations défavorisées, où le manque d’infrastructures et l’accès adéquat aux outils de prévention et de traitement sont les principales causes de décès.

 Lancé en mai 2015, le concours a reçu 250 candidatures en provenance de 46 pays. Parmi les 10 finalistes annoncés en septembre: «Droplet,» un bracelet qui purifie l’eau non potable grâce à un traitement de lumière UV. «TermoTell,» un bracelet/thermomètre destiné aux enfants de moins de 5 ans pour détecter toute infection de malaria. «WAAA!,» un patch qui analyse les informations vitales d’un nouveau né et transmet une alerte par texte à un soignant en cas de problème. Un système de surveillance néonatale qui devrait contribuer à faire baisser la mortalité infantile des premières heures.

 La technologie non pas pour le bien-être, mais pour le bien.

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