L’Italie est donc parvenue, mardi soir à Wembley, en finale de l’Euro 2020 de football en battant l’Espagne aux tirs au but. Elle jouera donc contre l’Angleterre ou le Danemark, suivant le résultat à venir de ce mercredi soir. Mais, face aux Azzurri, «il ne manquait presque rien» à l’adversaire espagnol, estime El País, cité par Courrier international. Seulement voilà, on le sait, la Roja «supera» a «succombé» aux tirs au but contre les Transalpins, forts de 32 matchs sans défaite et de 13 succès d’affilée. Pourtant, «la jeune Espagne n’a jamais faibli», assure le quotidien madrilène.

Sur ce match, il faut lire aussi:

Una «favola azzurra senza fine», «un conte de fées bleu sans fin», assure la Gazzetta dello Sport: «L’Italie vole à nouveau, le rêve continue.» Dans son commentaire, le quotidien sportif parle au nom de tous, avec lucidité: «Nous ne sommes pas les plus forts, mais nous n’avons peur de personne. Et après avoir vaincu l’Espagne, avec notre capacité à nous battre et à souffrir, nous voulons gagner ce Championnat d’Europe.»

Et de poursuivre dans ce lyrisme toujours un peu baroque, bien à l’italienne: «Au final, nous avons gagné […] le couteau entre les dents, avec la capacité de nous défendre, de souffrir et de repartir à l’assaut. […] Les Espagnols ont mieux joué, mais nous avons gagné. […] Parce qu’au football, il ne suffit pas d’avoir la possession du ballon et de contrôler le jeu pendant 100 minutes sur 120, il faut aussi marquer. […] Pour les puristes du football, il y a des victoires plus excitantes, mais c’est aussi un mérite de gagner contre des joueurs qui sont plus forts. […] Mais nous sommes en finale. Profitons-en.»

Oui, «le football est un sport merveilleux, car il y a un moment où la passion et la joie submergent tout, jusqu’aux analyses les plus pointues», celles qu’offre par exemple Tuttosport, célébrant les «lions». Et pour se faire une idée de toutes ces unes triomphantes, il suffit d’aller les voir sur le site Sport.sky.it, qui les rassemble en un beau panachage d’images incluant aussi celles des médias ibériques.

En Espagne, justement, le site du quotidien sportif Marca, après avoir montré le gardien de la Roja et son coach de dos, défaits «con honor», a déjà passé à autre chose et se concentre sur l’autre demi-finale: Inglaterra-Dinamarca. Son concurrent, As, publie une revue de presse mondiale sur cette première demi-finale, d’anthologie et déroulée comme un tapis rouge sur la pelouse de Wembley. Avec un clin d’œil à Raffaella Carrà, la grande star des télévisions italienne et espagnole, amie historique de Maradona, disparue en ce début de semaine.

A Madrid encore, El Mundo estime que «tous les honneurs doivent aller à cette jeune équipe courageuse et honnête capable, […] entre la foudre et le tonnerre […], d’une prestation impeccable, que personne n’avait vu survenir à ce stade du tournoi. L’Espagne est une grande équipe, et ce mardi, elle a été meilleure que la meilleure Italie de la dernière décennie. […] Elle a tout le temps cherché Donnarumma [le gardien italien] mais a fini par renvoyer le rêve de l’Espagne à plus tard.»

Et ailleurs? «Au bout de la nuit, la Squadra écrit son destin», dit Le ParisienMais «l’équipe de Luis Enrique a montré un maximum d’ambition à la fin du match, et cette tendance s’est poursuivie en prolongations. Les Azzurri, qui ont connu une longue séquence de victoires, ont dû oublier ce que c’était que de perdre, et ils n’allaient pas commencer à s’en souvenir», lit-on dans le Daily Mirror. Analyse similaire dans Libération: «Un affrontement entre deux styles de jeu, […] comme les sports collectifs aiment à en offrir. Jusqu’à la caricature même, entre une Espagne sûre de sa technique, qui veut vaincre par le jeu et le ballon, et une Italie qui cherche à contenir l’adversaire et planter des banderilles.»

En Suisse, le Corriere del Ticino, dont on pouvait bien supposer où le cœur allait, écrit que, encore «dans le feu de l’action», Roberto Mancini [le sélectionneur italien] a évoqué «un match très difficile contre une grande équipe». Mais encore: «Nous savions que nous allions souffrir. Les Espagnols sont passés maîtres dans le dribble, bien sûr qu’ils allaient nous mettre en difficulté. Avons-nous été Italiens? Dans le football, on attaque et l’on se défend, on ne défend pas seulement. On a eu nos chances, c’était ouvert. Le mérite en revient à ces garçons, et ce n’est pas fini: jouons cette finale.»

L’Equipe, enfin, raconte non sans vibrer le dénouement de ce match haletant: «Puisqu’il devait y en avoir quelques-uns, mardi à Wembley, on parie que les supporters de Chelsea connaissaient déjà la fin, quand ils ont vu Jorginho prendre le ballon et s’en aller défier Unai Simon. Le milieu d’origine brésilienne a le bagage technique pour ne pas trembler dans ce face-à-face avec ses nerfs, et sur les huit buts qu’il a réussis avec son club, cette saison, il y avait huit penaltys. Il faisait déjà nuit depuis longtemps au-dessus de Londres et Jorginho était le cinquième tireur italien: s’il marquait, l’Italie volait en finale. Alors, ses coéquipiers se sont serrés plus fort, près du rond central, ils l’ont vu ajuster le gardien espagnol avec la tranquillité d’un vieil habitué et ils ont foncé vers lui»…

… Les visages marqués et les jambes en coton, ils avaient encore les forces pour célébrer cette victoire au bout de la souffrance et cette première finale italienne depuis 2012


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