Les brexiters s’enorgueillissent de rendre à leur parlement l’entier de sa souveraineté, exagérément déléguée aux instances européennes selon eux. Sacré à leurs yeux, Westminster est à l’image de leur prosélytisme: un bâtiment très ancien, très imposant en façade mais complètement délabré à l’intérieur. En plus d’être trop petit pour les rangs croissants des lords et députés du royaume, il accumule tous les risques connus d’incendie, d’inondation, d’explosion, d’écroulement ou de contamination chimique. Plus retentissantes sont les dithyrambes sur la démocratie anglaise, plus misérables les murs au sein desquels elle est appelée à s’exprimer. L’ancien monastère qui l’abrite a brûlé en 1834. Sous la température très élevée des débats qui y ont lieu aujourd’hui, un geste étourdi peut l’enflammer plus gravement que les 40 départs d’incendie enregistrés entre 2008 et 2012. Au niveau d’imprudence auquel sont parvenus les membres des deux Chambres, tant à l’égard de leur pays que de leur monument, un accident fatal est à craindre.