Il était une fois un groupe WhatsApp familial,
Créé par un beau-frère inspiré et loyal.
Ce dernier, fort bien intentionné,
Avait eu la délicatesse de vous y inviter.

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Surpris, sous le coup de l’émotion,
Vous aviez accepté cette belle invitation,
De prime abord une excellente idée.
(Mais quelle autre option alors envisager?)

Les premiers échanges étaient spontanés, frais, drôles,
Vous rapprochant plus encore que le verre de blanche Dôle.
Alors qu’au quotidien chaque minute semblait comptée,
Ce groupe WhatsApp était la panacée.

Visites ou coups de fil n’étant plus priorité,
En deux photos, trois émojis, le tour était joué.
Soudain, comme un mauvais présage,
Le téléphone allumé annonça 350 messages.

Tous ces avis pour débattre de la bûche
Dessinaient tout à coup les contours d’une embûche.
Mais comment l’exprimer sans s’attirer les foudres
De chaque membre, si prompt à en découdre?

Un beau matin, de guerre lasse,
Vous réalisez: depuis six mois, hélas,
Aucun de vos proches n’entend plus votre voix,
Vous usez de WhatsApp pour dire n’importe quoi.

Les visites aux aînés, jugées bien archaïques,
Ne protègent-elles pas du burn-out numérique?
Que le constat vous glace ou vous laisse pantois,
C’est la cadence qui happe – vidéos, photos, pourquoi pas?

Mais ne risque-t-on pas, de fil en aiguille,
D’oublier ce qui hier encore «faisait famille»?
La technologie a du bon,
Personne ne le conteste, au fond.

Faut-il pour autant vraiment se satisfaire
De trois GIF de chats, «Joyeux anniversaire»?
Et si l’essentiel
(Pas seulement à Noël)

Etait de dépasser
Paresse, immédiateté?

Et ainsi de se souvenir qu’avant tout cela
Régnaient l’écoute, le dialogue et la joie.
N’est-il pas pire de perdre l’affection
Que de «quitter cette conversation»?