Revue de presse

Il y a 22 ans, le 13 juillet 1995, Lego prend un nouveau départ

Chaque jour de l’été, «Le Temps» se plonge dans ses archives pour évoquer un événement historique marquant. Aujourd’hui, la mort de Godtfred Kirk Christiansen, le patron de la marque de jouets danoise, et ce qui s’ensuivit

Une dépêche de l’Agence France-Presse publiée par Le Nouveau Quotidien (LNQ) le 14 juillet 1995 annonce la mort, la veille au Danemark, de Godtfred Kirk Christiansen, le créateur du jouet en cubes de plastique Lego. «Extrêmement pieux», il pratiquait au début de ses activités la prière du matin avec ses employés dans son usine de Billund. Mais surtout, il «avait, grâce à cette invention, transformé sa petite société familiale en groupe international» après en avoir pris les commandes des mains de son père, en 1957.

«Sous son règne, ajoute l’article, puis celui de son fils, le groupe Lego est devenu la plus grande réussite du monde danois des affaires.» Et d’aligner les chiffres, assez impressionnants tout de même: Lego employait alors «9000 personnes dans 27 pays et au sein de 48 sociétés, réalisant un chiffre d’affaires dépassant les […] 2,2 milliards de francs, et figurant parmi les dix plus grands fabricants de jouets au monde».

Mais au-delà du business, un peu comme chez Ikea, il y a une philosophie Lego, même si l’on peine à croire qu’elle soit complètement désintéressée, quoique Christiansen fut un «des plus grands mécènes de l’Eglise danoise, continuant en dépit de ses richesses à vivre d’une manière sobre et modeste»: «Quelles que soient la différence des cultures et la multitude des sociétés, les enfants doivent couvrir leur besoin d’épanouissement, disait-il. Le jeu y occupe une place essentielle, c’est aussi l’idée de Lego», marque formée à partir du danois «leg godt», «joue bien».

Le filon Legoland

Enorme réussite industrielle, Lego n’a pas tardé à se tourner vers tous les produits dérivés que l’on connaît aujourd’hui. Mais en 1995, le célèbre fabricant de jouets avait décidé, à lire LNQ du 27 décembre, d’exporter un autre concept: celui de Legoland, un parc d’attractions danois reproduisant en miniature des paysages et des bâtiments patrimoniaux. Cette année-là, il entame un nouveau projet, celui de «construire un parc thématique tous les trois ans». Le premier verra le jour en 1996 à Windsor:

Aujourd’hui, on en compte une dizaine à travers le monde, de ces Legoland. Cette année, un nouveau parc doit voir le jour en Corée du Sud, alors qu’il y en aura également un d’ouvert à Shanghai en 2022. «L’idée est d’attirer de nouveaux jeunes clients, car la direction de Lego note que les enfants rangent leurs petites briques aux oubliettes à un âge bien plus précoce qu’il y a dix ans.»

 A Windsor, écrit Thierry Meyer, «Legoland essaiera aussi de tourner un inconvénient à son avantage: alors que les jumbo-jets passent bruyamment au-dessus du parc, situé à quelques kilomètres seulement des pistes de l’aéroport de Heathrow, on a construit une piste miniature où les enfants joueront avec des avions en Lego, tout en essayant de reconnaître les couleurs identifiant ceux qui les survoleront.»


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