Le Temps: Quel est le quotidien dans une ville sans cesse touchée par des tirs de roquettes?

Eli Moyal: Les gens restent à la maison. Si vous n'avez pas quelque chose d'extrêmement important à faire, vous ne sortez pas. On ne voit pas de gamins faire du vélo dans les rues, on ne voit pas de gens à la terrasse des cafés. On ne célèbre plus nos mariages dans la cité; les invités ne viennent pas. Quand on entend l'alerte, on a 10secondes pour gagner un abri. Que fait ma mère, avec ses 86 ans? Elle prie pour que ça ne lui tombe pas dessus. Nos gosses prennent des pilules pour dormir! Le business s'écroule; comment une usine peut-elle tourner lorsque ses employés doivent sans cesse aller aux abris? Nous avons perdu 15% de notre population ces dernières années.

- Que préconisez-vous?

- Nous pouvons toujours discuter avec Mahmoud Abbas, mais Gaza appartient au Hamas, au Hezbollah, à Al-Qaida et au terrorisme international. Ces gens-là sont financés par la Syrie et l'Iran. On n'a aucune chance de faire la paix avec eux puisqu'ils ne veulent que notre destruction. Pourquoi ces attaques, alors que nous avons quitté Gaza? C'est bien la preuve que nous avons affaire à la terreur et non aux Palestiniens. Il y a 4000 terroristes dans la bande de Gaza et 1,5 million d'innocents. Nous avons les moyens militaires de les liquider rapidement. Les Américains ont détruit la moitié de l'Afghanistan pour deux immeubles. Les Palestiniens doivent payer pour ce qu'ils nous font subir.

- Vous voulez dire les terroristes?

- Oui, évidemment, je voulais dire les terroristes.

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