Revue de presse historique

Il y a 80 ans, André Maurois espérait que les Américains montrent davantage de sagesse

L’écrivain français, qui a participé aux deux conflits mondiaux, publie un texte plutôt clairvoyant à la une de la «Gazette de Lausanne» du 12 août 1939, quelques jours avant le début de la guerre

Chaque lundi de l’été, «Le Temps» explore les archives du «Journal de Genève» et de la «Gazette de Lausanne» de juillet et août 1939, pour évoquer les semaines qui ont immédiatement précédé le début de la Seconde Guerre mondiale, il y a 80 ans.

Episodes précédents:

Le 12 août 1939, c’est un prestigieux et fraîchement émoulu académicien français, André Maurois, qui est invité à écrire l’éditorial de la Gazette de Lausanne, à propos de «L’Amérique et le maintien de la paix». Thème porteur à quelques jours de la déflagration en ce dernier été d’avant-guerre. «Nous, Français, dit-il, pensons que l’union avouée, proclamée, des puissances pacifiques pourraient amener les puissances que nous croyons belliqueuses à négocier plutôt que de combattre. Beaucoup d’Américains souhaitent, au contraire, pour leur pays, un isolement total. Non seulement ils ne veulent pas contracter d’alliance européenne […] mais ils prétendent priver les belligérants des deux camps de l’appui industriel et économique des Etats-Unis.»

A cette époque, «écrivain reconnu, Maurois est aussi un homme engagé qui s’exprime souvent à propos de l’avenir de son pays et de l’Europe, qui s’intéresse aux questions de défense et aux relations internationales», explique un article du site Penseemiliterre.fr. S’il «prône le rapprochement franco-britannique à la veille» du conflit mondial, il «publie dans le même temps une longue étude sur les origines de la guerre inéluctable à venir».