Revue de presse

Il y a 80 ans, la guerre de 39 ne devait pas avoir lieu

Quatre semaines avant la déflagration, le «Journal de Genève» ose encore croire à la providence. Et à la solidité de l’armée suisse

Chaque lundi de l’été, «Le Temps» explore les archives du «Journal de Genève» et de la «Gazette de Lausanne» de juillet et août 1939, pour évoquer les semaines qui ont immédiatement précédé le début de la Seconde Guerre mondiale, il y a 80 ans.

Episodes précédents:

A la une du Journal de Genève du dimanche 30 juillet 1939, son directeur, Jean Martin, n’a pas oublié qu’exactement vingt-cinq ans plus tôt «Albert Bonnard écrivait ces lignes»: «L’Autriche a passé outre. Elle a attendu 48 heures, puis, écartant les tentatives de médiation de l’Angleterre et les demandes de sursis de la Russie, elle a déclaré formellement la guerre aux Serbes.» Tout cela suite à l’attentat de Sarajevo du 28 juin 1914 à l’encontre de l’archiduc François-Ferdinand, héritier défunt de l’Empire austro-hongrois.

Ce célèbre épisode historique, Martin le rappelle pour démontrer que «la vision que l’on avait alors de la situation était radicalement fausse». Ce, «parce que la petite Serbie sortit de la guerre, après des souffrances atroces, fortifiée, agrandie, fusionnée avec ses sœurs slaves la Croatie, la Slovénie, la Bosnie, l’Herzégovine, le Monténégro, tandis que l’Empire russe, qui l’avait secourue aux premières heures de la tempête, râlait dans les convulsions de la révolution bolchevique». Et d’ajouter que «l’Allemagne puissante, redoutable, riche, respectée, avait devant elle, en 1914, un avenir lumineux: son mauvais guide la jeta dans l’abîme dont elle devait avoir tant de peine à ressortir».