Revue de presse historique

Il y a 80 ans, un 14 Juillet un peu particulier à Paris

En 1939, la dernière Fête nationale avant la guerre est l’occasion d’étaler la puissance militaire de la France. Même si l’on espère encore une paix durable

Chaque lundi de l'été, «Le Temps» explore les archives du «Journal de Genève» et de la «Gazette de Lausanne» de juillet et août 1939, pour évoquer les semaines qui ont immédiatement précédé le début de la Seconde Guerre mondiale, il y a 80 ans.

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«Dans des temps normaux», écrit le correspondant à Paris du Journal de Genève au lendemain du dernier 14 Juillet d’avant la guerre, il n’aurait «pas l’idée de consacrer» un article à la Fête nationale. Mais voilà, «il suffit que l’on se trouve dans une période de tension, où chacun ressent le besoin de resserrer les liens nationaux, pour que les choses prennent un tout autre aspect». Le moment est grave, le danger est là, «on le regarde en face».

Car «on sait que c’est ainsi seulement qu’on le conjurera et on se sent assez fort pour agir à fond». D’où l’étalage de forces qui s’offre cette année-là sur les Champs-Elysées, en marge «de la succession des fêtes organisées pour le cent-cinquantenaire de la Révolution», soit de la prise de la Bastille en 1789. «Le défilé est précédé par les escadrilles françaises et anglaises d’avions.» Puis parade «l’Empire français, comprenant 30 000 hommes de toutes les races et un matériel puissant. 600 véhicules divers, 120 pièces d’artillerie, 350 autos-mitrailleuses et chars de combat.»