Il était une fois

Pourquoi y a-t-il si peu de dictatrices?

OPINION. «Je parcours la liste des dictatures existant dans le monde pour constater que toutes, sans exception, des plus triviales aux plus excentriques, sont des productions d’hommes», écrit notre chroniqueuse Joëlle Kuntz

Je vous le demande: peut-on imaginer une présidente dotée d’un ego assez impérieux pour commissionner une statue en or à son effigie, comme feu Saparmurat Niyazov au Turkménistan? Ou si acharnée à garder le pouvoir qu’elle en passe par l’exécution extrajudiciaire de centaines d’opposants, comme Nicolas Maduro, au Venezuela? C’est difficile, n’est-ce pas? Je parcours la liste des dictatures existant dans le monde pour constater que toutes, sans exception, des plus triviales aux plus excentriques, sont des productions d’hommes, aux mains d’hommes et organisées autour des priorités des hommes. Ontologiquement, le dictateur est un homme. Il n’y a pas de dictatrice.

Le fait paraît aller de soi, mais pourquoi? Qu’est-ce qui manque aux femmes pour accéder à l’esprit despotique du pouvoir politique et laisser dans l’histoire un grand nom comme Staline ou Mao? Quel est ce plafond de verre qui sépare les femmes des cercles où s’exercent la violence de la domination, la passion égocentrique de la puissance, l’autopromotion du matin jusqu’au soir? Le quota hommes-femmes, en cette matière, est indigne du principe d’égalité. Je note d’ailleurs en passant que la mafia, toute pleine de parrains, n’a pas non plus de marraine, preuve supplémentaire s’il en fallait que l’ascension des femmes vers les sommets de la criminalité narcissique est empêchée par quelque chose d’incompréhensible – sauf pour ceux qui ont réponse à tout.