Ces derniers jours, la mission de Chine auprès de l’ONU à Genève renvoie régulièrement les Etats-Unis à leur «passé génocidaire». «En matière de «génocide», expliquait en début de semaine l’ambassadeur Chen Xu, c’est exactement le crime commis par les Etats-Unis. Rappelons-nous des Amérindiens qui ont été chassés de leurs terres et tués, leur population plongeant de 95%.» Deux jours plus tard, un communiqué de la mission chinoise ajoutait: les Etats-Unis ne se sont jamais excusés et n’ont jamais indemnisé les victimes de leur «passé maléfique de génocidaires». Appelons cela des frappes oratoires préemptives.

Si Pékin dégaine à l’ONU, c’est que la menace d’une campagne internationale pointe. La Chine ne devrait-elle pas être qualifiée de «génocidaire» au vu de sa politique de mise au pas des Ouïgours dans la région autonome du Xinjiang? Un premier pas a été franchi par l’administration américaine en début d’année. Ce fut l’un des derniers coups de Donald Trump: Pékin procède à un génocide qui est toujours en cours, décrétait le Département d’Etat. Une accusation reprise par son successeur et qui devrait faire consensus au sein du Congrès.