Revue de presse

Il y a quarante et un ans, le 3 juillet 1976, raid sur Entebbe

Chaque jour de l’été, «Le Temps» se plonge dans ses archives pour évoquer un événement historique marquant. Aujourd’hui, le fameux assaut du commando israélien en Ouganda

Il y a quarante et un ans se déroulait le raid d’Entebbe, dans la nuit du 3 au 4 juillet 1976, à l’aéroport international d’Entebbe, en Ouganda. Organisé par Israël, il avait pour objectif de libérer les 104 otages d’un Airbus français détourné par un commando composé de membres du Front populaire de libération de la Palestine et des Cellules révolutionnaires d’Allemagne de l’Ouest. Réussissant à libérer la quasi-intégralité des otages encore retenus, le raid fut considéré comme une réussite militaire, bien que le frère de l’actuel premier ministre Benyamin Netanyahou y laissât sa peau:

«L’exploit» laisse toutefois «dans la bouche un goût amer» à Claude Monnier, décédé il y a un an et qui écrit à ce sujet dans le Journal de Genève le 6 juillet. Car «il y a comme un air de revanche dans le triomphalisme de certains commentateurs occidentaux: l’Ouganda est bien loin, il n’est donc pas dommage, et Idi Amin Dada», le dictateur militaire au pouvoir à Kampala entre 1971 et 1979, «n’aurait pas «volé» cette leçon». Pour l’éditorialiste, il ne s’agissait pas là de «vraie fermeté, celle qui préserve les équilibres, celle qui assure la justice», mais de véritable «loi de la jungle». Pour lui, tout cela «manque d’allure» et il se demande «quels sentiments eussions-nous éprouvé» si une même opération s’était déroulée «à Kloten ou à Cointrin».

D’ailleurs, le correspondant à Paris du Journal, René Dabernat, explique que «la France veut éviter de donner prise aux critiques – pour le moins déplacées – selon lesquelles le gouvernement français aurait collaboré à une agression contre un des Etats du continent noir». Jean Sauvagnargues, ministre des Affaires étrangères sous Giscard, souligne aussi «que l’opération israélienne (a) été déclenchée, menée et terminée sans que les autorités françaises aient été consultées préalablement».

Et puis il y a aussi la réaction des journaux de l’Hexagone. Dans «sa quasi-totalité», la presse «salue le succès du raid israélien». Et «c’est la première fois depuis plusieurs années que même les journaux qui, par fidélité à la doctrine gaulliste, ont formulé des réserves fréquentes envers l’Etat hébreu, se déclarent impressionnés par ce qui a été fait».


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