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Le son et lumière «Rendez-vous Bundesplatz», en octobre dernier.
© Anthony Anex/Keystone

Charivari

Yannick Buttet, le (seul) grand méchant loup?

OPINION. Le procès en moralité infligé à l’élu PDC met notre chroniqueuse mal à l’aise. Côté sexe ou affaires financières, les autres conseillers nationaux seraient-ils tous des anges de vertu?

Je l’ai déjà dit ici. La chasse aux harceleurs me fait peur. Je crains que les rapports hommes-femmes perdent toute leur saveur à force de voir derrière chaque geste et regard masculins une mauvaise intention et une volonté de domination.

Lire aussi la précédente chronique: En chaque homme, cet obsédant besoin de domination sexuelle

Bien courageux celui qui, aujourd’hui, dans ce climat de suspicion, osera une parade amoureuse – oui, j’utilise à dessein une expression animalière, car l’être humain est d’abord un mammifère et le délirant fantasme de contrôle actuel ne fait paradoxalement que renforcer cette condition première.

Mais l’affaire Buttet me dérange aussi à un autre endroit. Sur le plan de l’exemplarité implicitement affichée par ses pairs. On peut le dire, il l’a dit lui-même, Yannick Buttet est «un gros lourd». Un de ces types collants et insistants qui ne comprennent pas que «non, c’est non» et prennent leur fantasme pour une réalité. Superpénible et même criminel si une plainte est déposée. Donc punissable de toutes les sanctions légitimes conçues par la société. Le cas est d’autant plus cocasse que, à l’instar de Christophe Darbellay et son enfant caché, le fauteur de trouble est un élu PDC, parti qui fait l’apologie de la famille traditionnelle et de la fidélité.

Vers un Noël compliqué

Chacun rigole donc doucement et se dit que le dragueur de supermarché va connaître un Noël compliqué. Une situation dont, il faut le rappeler, l’élu valaisan est le seul responsable. Car, contrairement à l’accusation souvent entendue en lien avec les dommages faits à sa réputation et à ses enfants, ce ne sont pas les journalistes qui l’ont transformé en prédateur déchaîné. Yannick Buttet avait déjà manqué de respect à sa famille avant d’être repéré.

La pique est donc juste. C’est l’acharnement sur lui, et notamment de la part de ses pairs, que je trouve suspect. Le politicien PDC serait-il le seul grand méchant loup de l’assemblée? Les autres conseillers nationaux n’ont-ils rien à se reprocher? Je ne parle pas que de harcèlement, bien sûr.

Je pense également aux multiples arrangements, privilèges, échanges de bons procédés, passe-droits, etc. qui, sous la Coupole, se négocient à la volée. Des agissements qui, à mes yeux et selon les proportions, sont tout aussi condamnables que des assauts libidineux débridés. Notre parlement ne serait-il constitué que d’élus vertueux? Poser la question, c’est déjà y répondre. Dès lors, ce procès en moralité de l’un d’entre eux me met terriblement mal à l’aise. Qu’on ne me parle pas d’esprit de Noël et de solidarité après ce lâchage (lynchage?) généralisé.


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