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Les critiques commencent à se resserrer sur l’Arabie saoudite et surtout sur son chef, le prince héritier Mohammed Ben Salmane qui est le principal instigateur de cette aventure saoudienne meurtrière. 
© ALI OWIDHA/Reuters

Éditorial

Au Yémen, les milliards de la honte

A coups de milliards de dollars, l’Arabie saoudite tente, de prouver sa commisération à l’endroit même de ceux qu’elle bombarde quotidiennement

Et de trois! L’Arabie saoudite vient de décider de mettre un milliard de dollars supplémentaire sur la table pour «venir en aide» aux Yéménites. La semaine dernière, c’étaient deux milliards que le royaume saoudien avait accordés à la banque centrale du Yémen pour éviter son effondrement. Une nouvelle chasse l’autre: lundi matin, dans le nord de ce même pays, une bombe larguée par un avion saoudien a aussi réduit en miettes un bâtiment anonyme abritant une petite clinique. Personne ne pourra plus venir en aide aux cinq enfants qui s’y trouvaient.

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La guerre que mène l’Arabie saoudite au Yémen a été jugée «absurde et futile» par des responsables de l’ONU, dont… le coordinateur de l’aide humanitaire pour le pays, Jamie McGoldrick. Loin de rendre cette guerre plus judicieuse, ces milliards de dollars versés par ceux-là mêmes qui mettent tant d’acharnement aujourd’hui à détruire le pays, ne font au contraire que la rendre plus honteuse encore. L’argent, dit-on, n’a pas d’odeur. Mais il est difficile de ne pas le rapprocher ici de la puanteur que dégagent l’insalubrité et les chairs carbonisées.

«La plus grave crise humanitaire»

Combien de temps encore devra durer cette cruelle «absurdité»? Alors que l’ONU et les humanitaires ne cessent de mettre en garde contre «la plus grave crise humanitaire du monde», c’est comme si l’écroulement du pays le plus pauvre du monde arabe n’avait pas la moindre importance. Comme si les bombes, le blocus, la soif, la famine et le choléra qui menacent des dizaines de milliers d’adultes et d’enfants (l’âge médian des Yéménites dépasse à peine les 16 ans) ne concernait personne. Il ne s’agit pas d’u «guerre oubliée», comme on le dit souvent. Mais bien plutôt d’une guerre qui ennuie, et dans laquelle, de surcroît, les Occidentaux ont choisi leur camp.

Les critiques, pourtant, commencent à se resserrer sur l’Arabie saoudite et surtout sur son chef, le prince héritier Mohammed Ben Salmane qui est le principal instigateur de cette aventure saoudienne meurtrière. D’où ces milliards de dollars lâchés par la Maison royale saoudienne, qui visent en réalité davantage à soulager la conscience des alliés occidentaux que les victimes yéménites.

La guerre, c’est entendu par tous, n’amènera aucune issue, tant une victoire d’un camp comme de l’autre est impossible. Jamais les forces houthistes, contre lesquelles se bat la coalition menée par l’Arabie saoudite, ne parviendront à étendre leur emprise sur l’ensemble du pays. Mais, ces années de guerre l’ont suffisamment prouvé: les bombardements, aussi brutaux soient-ils, ne suffiront pas à les déloger. Pour tous, la victoire est totalement hors de portée des fusils, dans ce pays chaque jour davantage guetté par la radicalisation à tout va et par une fragmentation incontrôlable.

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