Il y a plusieurs façons de croire qu’on est encore jeune, plusieurs manières de voir que le temps passe. Je crois qu’un passage important s’est fait pour moi de manière épicée. Je me souviens parfaitement du moment où mes amies ont commencé à m’en parler comme d’une affaire indispensable, aussi sérieuse que l’inscription dès sa conception d’un enfant à la crèche. Comment, tu n’as pas de zaatar? Comme c’est zaatar. J’ai rapidement saisi qu’il s’agissait là d’un marqueur social et générationnel.

Ainsi mon monde pourrait se séparer en deux catégories. Il y aurait ceux qui – c’était moi il y a quelques années – vivent et dînent plutôt dehors, et retrouvent en rentrant une cuisine conjuguant le strict nécessaire. Un pot de moutarde et de cornichons, des crackers, des soupes miso, du saumon au congélo. Je mettais pourtant un point d’honneur à toujours avoir une bouteille de Taittinger au frigo, l’occasion de fêter se manifeste si souvent sans sonner!