A l’heure où vous lisez ces lignes, sur la pittoresque île de Samos, en Grèce, des milliers de personnes viennent d’être transférées d’un camp de fortune vers une résidence, si l’on en croit ses promoteurs, haut de gamme. Ou peut-être une prison destinée à accueillir jusqu’à 3000 personnes et qui comporte, en son sein, un centre de détention de 900 places. L’édifice est isolé, loin de toute ville, entouré de trois rangées de clôtures barbelées et équipé d’un dispositif de surveillance, lui aussi à la pointe de la technologie. Les autorités grecques et européennes se félicitent d’une réussite humanitaire à travers ce qui s’apparente pourtant à une ségrégation assumée de personnes privées de leurs droits à l’asile, à la santé et à la dignité. Des personnes et des familles dont le seul crime supposé est de demander protection, sécurité, l’obtention d’un statut de réfugié et une vie meilleure.