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Le nouveau coach du Real, Zinedine Zidane (à g.) pose avec son épouse, Véronique, et le président du club madrilène, Florentino Perez (tout à dr.), après l'annonce officielle de son engagement, lundi au stade Santiago Bernabéu.
© GERARD JULIEN

Revue de presse

Zinédine Zidane, une légende sur le banc du Real Madrid

Le prestigieux club madrilène a confirmé lundi soir qu’il avait trouvé et désigné son nouveau «sphinx». Pour certains, c’est un «choc»: non de le voir «embrasser cette nouvelle carrière», mais «de subir son dépucelage» en tant qu’entraîneur à la tête d’une équipe d’un tel niveau

«Le Real, parce qu’il le vaut bien.» Le titre à la une de Libération est explicite, pour un Zinédine Zidane «en position de revenir dans le foot professionnel par la grande porte: rien de moins que le poste d’entraîneur du Real Madrid, vacant après le licenciement d’un Rafael Benítez qui aura tenu six mois à la tête de la direction technique merengue.»

Lire aussi: Finalement, c’est bien l’heure de Zidane

«Il faut […] comprendre que ça s’est joué en coulisse, poursuit Libé. Le président du Real est élu par les socios, les supporteurs-actionnaires du club. Comptable devant ses électeurs, Florentino Pérez ne pouvait donc négliger les enjeux d’image: entre un Rafael Benítez qu’il avait expédié en cure d’amaigrissement dès son arrivée «car l’entraîneur porte le prestige du club» et un Zinédine Zidane que le peuple madrilène pare de toutes les vertus depuis les exploits du joueur sous le maillot blanc entre 2001 et 2006, le bénéfice politique n’est pas le même.»

Selon Le Monde, «la désignation de ce «sphinx» de 43 ans «a été décidée lors d’une réunion d’urgence organisée par la direction du club. Elle fait suite au match nul (2-2) concédé […] contre Valence, dimanche 3 janvier. […] Zidane hérite d’un effectif traumatisé par une année 2015 sans titre et une litanie de scandales (affaire de la sextape Valbuena de l’attaquant français Karim Benzema, élimination en Coupe du roi pour une erreur administrative). En prenant les commandes du club le plus titré (dix Ligues des champions) et le plus riche d’Europe depuis une décennie (549,5 millions d’euros de revenus à l’issue de la saison 2013-2014), le quadragénaire relève un défi de taille.»

«Le contexte – devoir jouer les pompiers de service – n’est sans doute pas celui qu’il imaginait», commente ainsi Le Figaro. Alors, s'«il était un grand joueur, il doit devenir un grand entraîneur», titre Le Matin de Lausanne. «Le plus dur arrive pour «Zizou»: convaincre.» Il a commencé par une excellente opération de communication, en posant lundi avec sa femme, Véronique, et leurs quatre enfants, pour une photo de famille aux côtés du président:

«Effet garanti», commente le quotidien orange: le projet n’est ainsi «pas celui d’un seul homme mais de toute une famille, sur laquelle il pourra compter»: Pérez a engagé «un clan uni et solidaire au sein de la «grande famille» madrilène, avec laquelle il se confond désormais». Mais cela ne sera pas évident, selon le quotidien sportif espagnol Marca, qui livre le commentaire d’un ancien entraîneur du Real, l’Argentin Jorge Valdano: «Zidane est un pari risqué pour le Real, à cause de son manque d’expérience.»

D’ailleurs, sur son site internet, Marca demande depuis lundi à ses lecteurs si Zidane a bien le profil de la situation. Sur plus de 75 000 votes enregistrés ce mardi matin, 57% sont négatifs. Un sondage similaire sur le site d’El Mundo Deportivo recueille, lui, 80% d’avis négatifs.

On n’est pas surpris, tout de même, de la nouvelle! Courrier international rappelle que le président du «club blanc» n’a fait que confirmer «les bruits qui couraient depuis plusieurs jours». Et si Zidane arrive, c’est, selon AS, l’autre quotidien spécialisé, «la faute à la mauvaise entente» de son prédécesseur «avec le président et aux mauvais résultats». Le Real, oui, n’est actuellement «que» troisième du championnat espagnol, derrière l’Atletico et le Barça, qui l’avait humilié par 4-0 au Bernabéu le 21 novembre dernier. Pour rebondir, il accueille son premier coach de nationalité française.

«Tout ira bien»

Pérez n’a pas tari d’éloges en annonçant la nomination, rapporte El País: «Zinédine est un des plus grands joueurs du monde, il sait ce que c’est d’être dans l’équipe N° 1, il sait ce que c’est que d’être sur le banc.» D’ailleurs, Zidane lui a aussitôt répondu: «Nous avons le meilleur club du monde, tout ira bien.»

Pourtant, «le choc», relève Eurosport, «ce n’est évidemment pas tant de le voir embrasser cette nouvelle carrière, que de subir son dépucelage au Real Madrid. C’est même totalement inédit. Qu’un ancien joueur, avec une telle place dans l’histoire du football, effectue ses premiers pas de coach à la tête d’une équipe aussi imposante et d’un club si puissant, c’est probablement du jamais vu. Rien d’approchant, en tout cas.»

Rafa Vargas, journaliste sportif espagnol spécialisé dans le football et basé dans la capitale espagnole, explique d’ailleurs au site Sports.fr que les sentiments sont partagés. «Son nom rappelle de bonnes choses aux supporters. C’est un symbole, un mythe, selon lui. Tout le monde se disait que tôt ou tard, il serait coach du Real. Mais beaucoup pensent aussi que c’est une destination un peu forcée… Il n’a pas d’ennemi […]. Mais est-il préparé à affronter une situation aussi compliquée que celle du moment? C’est un entraîneur professionnel qui a une bonne préparation, mais c’est très compliqué. Beaucoup de bons entraîneurs se sont fracassés au Real dans de très mauvaises situations, ça peut aussi être le cas de «Zizou».

Alors, «cadeau empoisonné»? Le Point, qui a aussi lu les médias français, pense qu’il se retrouve bel et bien comme un «entraîneur sans expérience», mais qu’il n’est «pas sans soutien». «Royal», titre ainsi en une L’Equipe au-dessus d’une photo de Zidane, «le plus grand joueur français de l’histoire […] intronisé hier à la tête du plus prestigieux des clubs»:

«La tâche ne sera pas aisée», prévient aussi Le Parisien/Aujourd’hui en France, qui rappelle que Zidane arrive à la tête d'«un effectif de stars aux allures de fosse aux lions dans un club qui use les techniciens plus que n’importe quel autre [c’est le vingtième changement d’entraîneur en vingt ans]»: «Trop vite, trop tôt, trop grand?» se demande le quotidien.

Reste que «dans l’esprit des supporters madridistas, Zinédine Zidane renvoie à des heures glorieuses», souligne So Foot sur son site, qualifiant le joueur de «figure quasi divine que personne, ou presque, n’ose critiquer». Mais même bien entouré, il n’aura pas le droit à l’erreur. A Madrid, il sera jugé sur ses résultats. Et face à cela, il est paradoxalement bien seul.

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