Chaque mardi de l'été, notre correspondante à Zurich explore les secrets et les chemins de traverse de la cité de Zwingli. 

Tous les trois ans, la Züri Fäscht transforme la sage cité de Zwingli en vaste fête foraine. L’air se charge d’effluves de cervelas grillés et de barbes à papa. On y ingurgite environ 300 000 saucisses et autant de litres de bière. Point d’orgue de l’événement, lancé pour la première fois en 1951 pour fêter les 600 ans de l’entrée de la ville dans la Confédération: les feux d’artifice au-dessus du lac. Cette année, ils seront concurrencés par un spectacle de 150 drones, moins gourmands en CO2. Et les Zurichois sont d’ores et déjà avertis: si le public est au rendez-vous, à l’avenir, les robots volants pourraient remplacer les bons vieux pétards.

Un application pour observer les flux

De public, il ne manquera pas. L’événement, qui se targue d’être la plus grande fête populaire de Suisse, attire jusqu’à 2,3 millions de personnes. Un vrai casse-tête pour la plus grande des petites villes. En 2013, un mouvement de panique avait saisi la foule restée bloquée le long des berges. Aussi, avec le temps, les Zurichois, qui n’aiment rien moins que perdre le contrôle, se sont spécialisés dans la gestion des masses.

Comme en 2016, les visiteurs sont incités à télécharger l’application Züri Fäscht et à activer la géolocalisation. Leurs données sont ensuite transmises à l’équipe de crowd management de la police municipale. Le logiciel développé en collaboration avec une start-up de l’EPFZ permet d’anticiper les flux et d’identifier les zones critiques en direct. Au même moment, des policiers survolent la manifestation par hélicoptère et une vingtaine d’agents (crowd spotter) employés par l’organisateur observent les vagues de fêtards pour alerter lorsque se forme un bouchon.

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Et paradoxalement, la Züri Fäscht tente de se faire discrète. Car, comme l’organisateur l’a souligné dans la presse locale: avec une bonne communication, ce ne seraient pas 2, mais 4 millions de visiteurs qui déferleraient sur Zurich. Ils ont donc expressément renoncé à la publicité. La mesure dans la démesure: tout un art.

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