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Encourager des «Suisses de facto» à faire le pas pour devenir des «Suisses de jure» est un très beau geste. Bravo Zurich!
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Opinion

A Zurich, soyez les bienvenus

La Ville de Zurich prend l’initiative originale d’inviter les étrangers établis de longue date à faire une demande de naturalisation. Un exemple à suivre, pour Werner Blatter, ancien directeur au Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés

Récemment, un article paru dans le Tages-Anzeiger de Zurich relatait le fait que l’administration de la ville de Zurich enverra dans les prochaines semaines une lettre à 40 000 résidents de la ville. Les destinataires de cette lettre sont des résidents étrangers qui n’ont pas encore fait de demande de naturalisation, même s’ils ont toutes les années de résidence requises et qu’ils remplissent tous les autres critères pour l’obtention du passeport rouge. C’est en soi une nouvelle anodine, mais à la deuxième lecture on réalise que cette démarche apporte un vrai changement de paradigme.

C’est la première fois qu’une administration suisse, en l’occurrence l’administration d’une ville, dit aux résidents étrangers dans une lettre qui leur est adressée personnellement: «Bienvenue! Vous vivez dans notre ville depuis des années, vous y travaillez et vous y payez des impôts, et nous vous invitons à vous informer sur les possibilités et les procédures de naturalisation.» Il ne s’agit donc (surtout) pas d’une sorte de naturalisation facilitée déguisée: toutes les procédures et vérifications restent évidemment inchangées! Mais la lettre mentionne que le Conseil municipal se réjouirait d’une augmentation du nombre des naturalisations en ville de Zurich!

Démarche proactive de l’Etat

Le message est clair: si jusqu’alors l’Etat acceptait passivement une demande de naturalisation, on passe au stade proactif de «on vous encourage à faire le premier pas pour obtenir la nationalité de votre nouvelle patrie». A titre d’information, l’année passée, 2752 personnes ont obtenu le passeport suisse à Zurich-ville; cette lettre ne devrait donc pas engendrer une avalanche de demandes.

Par contre, et même pour ceux ou celles qui pour des raisons qui leur sont propres ne vont pas se ruer dans les bureaux de l’administration municipale, ce message de bienvenue représente une confirmation que l’Etat aimerait qu’ils deviennent des citoyens suisses à part entière; une preuve de reconnaissance de l’apport important de l’immigré pour le bien-être et le développement économique et culturel de la ville. Encourager des «Suisses de facto» à faire le pas pour devenir des «Suisses de jure» est un très beau geste. Bravo Zurich!

Exemple à suivre dans d’autres villes

Il est évident que pour les milieux qui entendent freiner les naturalisations et rendre les procédures (encore) plus difficiles, ce «Soyez les bienvenus» est loin d’être souhaitable. Ils ne peuvent être favorables à cette démarche, car à leurs yeux cette hérésie pourra entraîner une perte d’identité suisse (même s’il reste pour le moins difficile d’identifier les critères pertinents de cette identité). Parlons clairement: quelques milliers de Zurichois de plus ne mettront en danger ni la ville, ni le canton ni la Suisse.

Il appartiendrait donc maintenant à d’autres villes, d’autres municipalités et d’autres cantons de s’ouvrir à une politique de bienvenue. Car toute personne ou famille optant pour la nationalité suisse a visiblement une relation particulière avec ce pays: la Suisse n’est plus un pays étranger mais devient «mon pays». Inviter des étrangers établis de longue date en Suisse à demander la nationalité ne constitue en soi pas une hérésie, mais c’est un signal de bienvenue majeur qui renforcera les institutions suisses.

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