Il travaille dans ce coin de Copenhague où l'on découpe des morceaux de viande, le quartier des bouchers, que les artistes et les architectes ont récemment investi. Issu de la prestigieuse école d'architecture et de design d'Århus, Christian Flindt s'est notamment fait connaître pour sa sculpturale et spectaculaire Orchid Chair en fibre de verre. Ses formes organiques et l'intelligence de ses proportions rappellent la Panton Chair, la première chaise de l'histoire du design réalisée d'un seul tenant dans le même matériau (faite en plastique par le Danois Verner Panton, en 1959-60). «Ça a été un long processus pour la rendre ergonomique: à la fois mathématique

et empirique. Tous mes amis y ont défilé et m'ont guidé dans cette recherche du confort.» Ses séries de chaises empilables, dénommées Ripple (produites par Paustian, un grand magasin de design de Copenhague) et Rainbow, cultivent là encore l'esprit Panton. Louis Poulsen, une institution danoise de la lumière et l'éditeur historique des lampes de Poul Henningsen, lui a commandé une série

de luminaires, une consécration.

Quant au fauteuil conversation en forme de balançoire qu'il a dessiné pour l'exposition When you're old de SE design, il a été offert par la ville d'Århus au prince Joachim de Danemark et à la Française Marie Cavallier à l'occasion de leur mariage.

«Pour les créateurs de l'âge d'or du design danois, il était surtout question de conserver les techniques artisanales. Aujourd'hui, je suis intéressé par les synergies qui peuvent être créées

entre l'industrie et la recherche. Je fais partie d'un groupe d'étude chez Louis Poulsen sur la LED (light-emitting diode) pour voir comment élaborer des sources de lumière plus douces et plus chaleureuses.» Dans le futur, Christian Flindt veut orienter ses recherches vers le bambou. Après avoir participé à un séminaire sur ce matériau, il souhaite en explorer les possibilités: «Il grandit tellement vite! J'ai envie de travailler avec un élément qui ne gaspille pas les ressources de la planète. Je souhaite en faire quelque chose de très contemporain, car, pour l'instant, il a été utilisé de manière plutôt classique», dit-il en montrant les deux plaques de bambou qu'il a sur son bureau. Et poursuit: «Tous les deux ans, Copenhague organise un concours international qui récompense, avec un prix de 500000 euros, cinq projets de design conçus dans une perspective écologique (http://www.indexaward.dk); j'aimerais bien y participer avec le bambou. Et j'ai aussi le regard tourné vers la Chine, car, aujourd'hui, c'est là-bas que 45% de la production de meubles mondiale est faite. C'est un enjeu colossal.»

http://www.flindtdesign.dk