La hache de guerre est à nouveau déterrée entre la Suisse et ses voisins européens. Lors d'une réunion organisée à Paris et associant 17 pays de l'OCDE, mais en marge de l'OCDE, la France et l'Allemagne ont profité du contexte de la crise financière pour multiplier les attaques contre le secret bancaire helvétique. Le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück, s'est particulièrement illustré, menaçant de manier le «bâton» contre les Etats qui, comme la Suisse selon lui, encouragent l'évasion fiscale. L'Association suisse des banquiers et les partis bourgeois - PDC, UDC et PRD - ont protesté contre ces déclarations. Le PDC, par exemple, rejette avec véhémence le jugement porté sur le pays, a-t-il fait savoir. «On essaie de tirer sur la Suisse, d'affaiblir sa place économique», dénonce le PRD.

La Suisse, qui dispose d'un droit de veto au sein de l'OCDE, n'a pas grand-chose à redouter de la nouvelle «liste noire» des paradis fiscaux que prépare l'organisation. Mais l'OCDE va aussi dresser un catalogue de sanctions nationales qui pourraient, elles, viser la Suisse. Il s'agit notamment du renforcement des contrôles douaniers, et de pressions sur les banques et les entreprises utilisant les paradis fiscaux.