Il se trouve que l'écrivain bourlingueur Blaise Cendrars (1887-1961), auteur de L'Or et de La Prose du Transsibérien et de la Petite Jehanne de France, était proche des arts et des artistes. Non seulement de Sonia Delaunay, dans leur collaboration fructueuse autour du premier «poème simultané», mais aussi de l'art tribal africain, du ballet, de la peinture, de la musique, du graphisme et du cinéma. Autant de «vies» que l'exposition du Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds s'attache à explorer, en replaçant l'écrivain «au cœur des arts». Pourquoi cette immersion au sein des avant-gardes, dans leur pluridisciplinarité, n'est-elle pas mieux connue? Sans doute, relève le commissaire de l'exposition Gabriel Umstätter, parce que Cendrars, selon le pseudonyme qu'il s'est choisi, n'a cessé de renaître où on ne l'attendait pas…

Le parcours, en 12 étapes, traverse ainsi ces vies nouvelles et parfois inédites aux yeux du visiteur: la révolution dans la conception du livre d'artiste, fruit de ces subtiles correspondances entre la peinture de Sonia Delaunay et l'épopée en prose du poète; le dialogue avec l'univers pictural de Chagall, Robert Delaunay, La Fresnaye ou Modigliani; une confrontation avec les arts premiers; l'écoute de la musique de Honegger, Milhaud, Satie ou Stravinski; une approche du septième art… Un cycle de dessins de Pierre Alechinsky, inspiré du Volturno, poème de 1912, clôt cette présentation, conçue en collaboration avec Miriam Cendrars, la fille de l'écrivain, et les Archives littéraires suisses. Des lectures et conférences accompagnent l'exposition.